Intel prolonge la durée de vie de ses Raptor Lake : le marché chinois reste accro à la DDR4
Chez Intel, la tradition veut que chaque nouvelle génération de processeurs signe l’arrêt de mort de la précédente. Ainsi, l’arrivée d’Arrow Lake aurait dû logiquement enterrer la 13ᵉ génération (Raptor Lake), tout comme l’imminence de Nova Lake devait sonner le glas de la 14ᵉ génération (Raptor Lake Refresh). Pourtant, la réalité du marché semble contraindre le géant américain à revoir sa stratégie, du moins dans certaines régions du globe.
Un contexte économique qui bouleverse les plans
En mars dernier, Intel avait pourtant marqué les esprits en dévoilant un « refresh » de sa gamme Arrow Lake, avec deux modèles – les Core Ultra 250K Plus et 270K Plus – qui avaient reçu un accueil très favorable de la critique. Ces processeurs, compatibles avec le nouveau socket LGA-1851, devaient incarner l’avenir de la plateforme avant son remplacement par le LGA-1954 prévu pour Nova Lake. Mais cette transition vers la seule DDR5, sans rétrocompatibilité, pourrait bien être le talon d’Achille actuel d’Intel.
Alors que l’inflation frappe durement le marché de la DRAM, la DDR5 subit une hausse des prix particulièrement sensible, la rendant moins accessible que la DDR4. Cette dernière, bien que touchée par la même tendance haussière, reste une alternative financièrement plus raisonnable pour de nombreux consommateurs et intégrateurs.
Une information qui se précise depuis l’Asie
Dès avril dernier, des rumeurs faisaient état de la volonté d’Intel de prolonger la commercialisation de ses puces 14ᵉ génération pour conserver dans son catalogue des solutions capables d’exploiter la DDR4. Ces spéculations trouvent aujourd’hui un écho dans des informations en provenance de Chine, relayées par le site VideoCardz et s’appuyant sur des données du média local ChannelGate.
Selon ces sources, Intel aurait tout simplement relancé la production de ses gammes Core de 13ᵉ et 14ᵉ générations, soit les architectures Raptor Lake et Raptor Lake Refresh. Cette reprise de fabrication viserait spécifiquement deux segments : celui des OEM (fabricants de machines préassemblées) et, surtout, celui du DIY (le marché du détail, qui concerne directement les particuliers). Concrètement, il s’agit de remettre à disposition des consommateurs des processeurs initialement lancés en 2022 et 2023.
La Chine, moteur de ce sursis
Il convient toutefois de tempérer cette annonce : pour l’heure, ces mouvements de stocks concerneraient exclusivement le marché chinois, et non l’Europe ou la France. La raison principale tient à la dynamique propre à ce pays : bien que la Chine accélère sa transition vers la DDR5, elle ne parviendrait pas encore à absorber la hausse brutale de la demande sur ce segment, rendant la DDR4 toujours plus compétitive localement.
Les informations de ChannelGate vont même plus loin, évoquant un « accroissement significatif des stocks de CPU » couvrant non seulement les 13ᵉ et 14ᵉ générations, mais aussi les 10ᵉ et 12ᵉ générations. Une clarification s’impose : il ne s’agit pas ici de la future troisième mouture de Raptor Lake, évoquée récemment sous le nom de Raptor Lake Next et attendue pour le début de l’année prochaine. Il est bien question d’un réapprovisionnement massif de gammes existantes.

