Environnement

Méduse bleue en Tunisie : l’alerte de TunSea sur un geste anodin aux conséquences redoutables pour les baigneurs

Chaque été, les plages tunisiennes voient affluer un visiteur gélatineux à la robe bleutée. Imposant mais trompeusement inoffensif, le Rhizostoma pulmo , plus connu sous le nom de méduse chou-fleur ou poumon de mer, suscite bien des réflexes maladroits. Le premier d’entre eux ? Le sortir de l’eau. Une erreur aux conséquences insoupçonnées, que l’association environnementale TunSea dénonce avec une campagne de sensibilisation inédite sur sa page Facebook officiel.

Un géant des mers au venin modéré

Avec son ombrelle pouvant atteindre un mètre de diamètre  le Rhizostoma pulmo est la plus imposante des méduses méditerranéennes. Sa robe blanche rehaussée de reflets bleus à roses, soulignée d’un liseré bleu caractéristique, en fait un spécimen facilement identifiable. Contrairement à d’autres espèces, elle ne possède pas de tentacules autour de son ombrelle. À la place, huit bras buccaux épais, soudés à la base, lui confèrent une allure de chou-fleur – d’où son surnom.

Classée parmi les Scyphozoaires, cette espèce est largement répandue en Méditerranée, mais aussi en mer Noire et dans la Manche. Elle navigue souvent en groupes comptant plusieurs centaines, voire milliers d’individus. Sous son ombrelle protectrice, de jeunes poissons ( boops, serioles ou trachures ) trouvent refuge, une association dont les scientifiques n’ont pas encore élucidé s’il s’agit de parasitisme ou de symbiose.

Ce qu’il faut savoir sur sa « piqûre »

Contrairement à une idée reçue, Rhizostoma pulmo est peu urticante. Ses cellules urticantes – les cnidocytes – sont peu irritantes et ne percent généralement pas la couche superficielle de la peau humaine. Les piqûres se manifestent principalement par des rougeurs (érythèmes), de petites vésicules ou une sensation douloureuse légère. Selon TunSea, bien que volumineuse, cette espèce n’est pas considérée comme l’une des plus dangereuses, ses piqûres étant généralement légères.

Mais attention : « peu urticante » ne signifie pas « inoffensive ». Des études in vitro ont mis en évidence une activité cytotoxique des toxines présentes dans ses tissus. À une concentration de 37,6 microgrammes par millilitre, les protéines tissulaires ont provoqué la mort de 50 % des cellules V79 en culture. Une activité hémolytique comparable a également été observée. Ces données, bien qu’obtenues en laboratoire sur des cellules mammaliennes, rappellent que le venin de cette méduse n’est pas totalement dénué d’effets biologiques.

Le geste interdit : sortir la méduse de l’eau

L’association TunSea, a lancé une alerte claire aux estivants : manipuler ou retirer le Rhizostoma pulmo de l’eau peut libérer une substance urticante contenant des milliers de cellules, augmentant le risque de piqûres même sans contact direct. Cette substance peut rester dans l’eau et provoquer des brûlures cutanées ou des démangeaisons chez les baigneurs à proximité. La substance urticante flotte, invisible, transformant une zone de baignade en piège pour les nageurs.

Que faire en cas de piqûre ?

Les protocoles de premiers secours font débat dans la communauté scientifique – notamment autour de l’usage du vinaigre. Une étude publiée en 2023 dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health apporte des réponses claires.

Le vinaigre, l’ammoniaque et l’acide acétique déclenchent la décharge des nématocystes chez Rhizostoma pulmo. Leur utilisation est donc contre-productive : elle aggrave la douleur et l’inconfort, non seulement pour cette espèce mais pour l’ensemble des Scyphozoaires.

En revanche, l’eau de mer, l’eau douce, l’urine, le bicarbonate de soude et le peroxyde d’hydrogène sont considérés comme des solutions neutres – elles ne provoquent pas de décharge supplémentaire des cellules urticantes. L’eau de mer est recommandée pour nettoyer la zone piquée. Le grattage avec du sable est à proscrire.

Les bons réflexes : les recommandations de TunSea

Face à une méduse bleue aperçue dans les vagues, la conduite à tenir est simple :

✔ Ne pas la toucher. Même échouée sur le sable, ses cellules urticantes restent actives.

✔ Ne pas la sortir de l’eau. Ce geste libère la substance urticante dans le milieu aquatique.

✔ Sensibiliser les enfants et les baigneurs à garder leurs distances.

✔ Si un déplacement s’avère indispensable, utiliser un récipient adapté pour éviter que la substance ne se répande dans l’eau de baignade.

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