La Libye enregistre en avril 2026 des recettes pétrolières record à 2,827 milliards de dollars
Après des années de turbulences, le secteur énergétique libyen affiche des signes nets de redressement. La National Oil Corporation (NOC) fait état de revenus pétroliers en forte hausse en avril 2026, dépassant les 2,8 milliards de dollars, soutenus par une production brute de plus de 41 millions de barils.
Les comptes pétroliers libyens ont bondi au quatrième mois de l’année. Selon les données publiées par la compagnie nationale NOC, les recettes issues du pétrole ont atteint 2,827 milliards de dollars en avril 2026, un sommet inédit depuis plusieurs mois. Cette performance est portée par une extraction de brut évaluée à plus de 41,62 millions de barils sur la période, mettant fin à une longue phase d’instabilité et d’interruptions récurrentes de la production.
Sur l’exercice 2025, les revenus combinés du pétrole et du gaz ont progressé de 29,8 % pour s’établir à 99,6 milliards de dinars libyens, soit l’équivalent d’environ 18,34 milliards de dollars.
La NOC précise par ailleurs que 2,83 milliards de dollars ont été virés vers le compte souverain géré par la Banque libyenne extérieure. Une fois soustraits les coûts liés aux achats de carburants à l’étranger, près de 1,91 milliard de dollars ont été reversés à la Banque centrale de Libye. Les exportations de pétrole ont totalisé 30,84 millions de barils, tandis qu’environ 4 millions de barils ont été dirigés vers les raffineries locales pour couvrir la demande intérieure.
Dans le segment gazier, les efforts de stabilisation se poursuivent. La production de gaz a atteint 62,69 milliards de pieds cubes, dont près de 40,97 milliards ont été consommés sur le marché local, d’après les chiffres de la NOC.
L’objectif affiché est d’accélérer le développement des capacités gazières pour faire face à la hausse des besoins en électricité dans le pays, tout en renforçant les livraisons vers l’Europe, où la demande régionale reste soutenue. La NOC vise une montée en puissance progressive jusqu’à près d’un milliard de pieds cubes par jour à l’horizon 2030.
Plusieurs investissements sont déjà en cours. Le groupe italien Eni développe ainsi le projet offshore « Structures A&E », l’un des plus ambitieux lancés en Libye depuis le début des années 2000. Ce projet, conduit avec la NOC, doit entrer en service cette année avec une capacité d’environ 750 millions de pieds cubes standards par jour.
Parallèlement, Tripoli tente de raviver l’intérêt des investisseurs étrangers pour l’exploration. En février 2026, les autorités ont attribué plusieurs blocs d’exploration à de grands groupes internationaux – Chevron, Eni, QatarEnergy et Repsol – dans le cadre de la première grande campagne d’attribution de licences depuis 2007.
La filière gazière bénéficie d’innovations techniques. La NOC a récemment entamé les essais d’un gazoduc stratégique reliant plusieurs champs au réseau de distribution de Brega. Ce projet vise à récupérer près de 150 millions de pieds cubes de gaz par jour qui étaient jusqu’alors brûlés à la torche, améliorant ainsi l’approvisionnement domestique et libérant des volumes supplémentaires pour l’exportation.

