Projets solaires: 40 000 familles alimentées, mais à quel prix ?
Les membres de la Commission de l’investissement et de la coopération internationale du Conseil national des régions et des districts (CNRD) ont insisté, mercredi, sur la nécessité de faire des préoccupations environnementales une priorité absolue dans les futurs projets de développement des énergies renouvelables. Cette déclaration a été faite lors d’une séance d’audition consacrée au ministre de l’Environnement, Habib Abid, au cours de laquelle ont été examinés cinq projets de centrales photovoltaïques récemment validés par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).
Les élus ont plaidé pour une approche globale qui permette de concilier les impératifs de la croissance économique et la sauvegarde des écosystèmes. On rappelle que l’ARP a approuvé, fin avril, cinq textes de loi relatifs à des concessions pour la production d’électricité solaire. Ces installations concernent les localités d’El Khobna (Sidi Bouzid), de Mezzouna (Sidi Bouzid), d’El Ksar (Gafsa), de Segdoud (Gafsa) et de Menzel Habib (gouvernorat de Gabès).
Tout en saluant la contribution de ces futures centrales à la transition énergétique et à la réduction du déficit énergétique national, les députés ont demandé une évaluation rigoureuse de tous les volets liés à ces investissements, afin de préserver les droits des populations actuelles et futures. Ils ont particulièrement insisté sur la mise en place de dispositifs de contrôle, de garanties de pérennité et de mécanismes de suivi des infrastructures, pour assurer le respect strict des normes environnementales.
En réponse aux interrogations, le ministre Habib Abid a situé ces projets dans une stratégie nationale cohérente visant une réduction de 50 % de la consommation d’énergie primaire en Tunisie à l’horizon 2035. Cette feuille de route s’appuie sur une meilleure efficacité énergétique, la promotion d’équipements sobres et le soutien à la mobilité électrique. À plus longue échéance, le pays entend atteindre une production massive d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2050.
Le ministre a également souligné que les investissements destinés aux nouvelles centrales solaires contribueront à stabiliser les équilibres financiers et énergétiques du pays, grâce à un coût de production de l’électricité inférieur à celui des filières conventionnelles reposant sur le gaz et le pétrole importés. Il a illustré son propos par un exemple concret : une seule de ces centrales peut fournir de l’électricité à environ 40 000 familles, démontrant ainsi la portée économique et sociale de ces équipements.

