Economie

La BCT mise sur les énergies renouvelables pour éponger le déficit commercial

Dans son rapport annuel publié en juin 2026, la Banque centrale de Tunisie (BCT) dresse un constat sans appel : le déficit énergétique, qui engloutit plus de la moitié du déficit commercial total prévu pour 2025, constitue un gouffre financier et une source d’exposition dangereuse aux aléas internationaux. Face à cette hémorragie, l’institut d’émission plaide pour une accélération franche de la transition énergétique, présentée désormais comme un rempart contre l’instabilité extérieure.

Le document officiel souligne un paradoxe saisissant dans la dynamique des investissements étrangers. Alors que le secteur des hydrocarbures marque le pas – les flux d’IDE y reculent légèrement de 0,8 %, pénalisés par l’essoufflement de l’exploration et du développement – le segment des énergies propres, lui, décolle. Les entrées de capitaux étrangers dans les renouvelables bondissent de 35,5 % sur un an, tirées essentiellement par les grands projets photovoltaïques.

Pour la BCT, l’engouement pour les renouvelables dépasse de loin le seul cadre climatique.Elle répond à une logique économique de première nécessité : diversifier le mix énergétique, c’est aussi réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures, alléger la facture extérieure et protéger les équilibres macro-financiers contre les soubresauts des marchés mondiaux.

Ce sursaut des investissements verts s’inscrit par ailleurs dans un mouvement plus large de reconquête de la confiance étrangère. Les IDE totaux, toutes activités confondues, progressent de 30,1 % sur l’année, signe que le site tunisien retrouve de l’attrait aux yeux des bailleurs de fonds internationaux, au moment même où le pays cherche à réduire sa vulnérabilité énergétique chronique.

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