High Tech

Quand la Chine défie Wilson Audio et Goldmund sur le trône du luxe sonore

Dans l’univers impitoyable de la Hi-Fi haut de gamme, l’expression « sans limite de budget » prend tout son sens. Certains systèmes atteignent des tarifs aussi extravagants que ceux des hypercars. Tour d’horizon des prétendants au record de l’extravagance sonore, lors du dernier salon High-End de Vienne.

Architectures classiques : impressionnant, mais sans couronne

L’enceinte à colonne équipée de transducteurs dynamiques reste reine, même sur le segment le plus prestigieux. Ce savoir-faire, qui domine très largement le marché, évolue par à-coups grâce au traitement numérique (DSP), aux matériaux de membrane innovants ou aux conceptions assistées par ordinateur. Parmi nos souvenirs les plus marquants, citons la paire de Genelec 8381A du studio Ferber, une étonnante configuration cinq voies. Les nouvelles JBL Summit Everest, présentées comme des phares du salon, délivrent une puissance rare, mais à 160 000 € la paire, elles restent loin des sommets. Les Magico S7 (à partir de 186 000 € la paire), malgré leur coffret en aluminium et des haut-parleurs carbone/graphène, ne font pas le poids face au vaisseau amiral de la marque, les M9, dont le coffret allie aluminium et fibre de carbone pour atteindre 750 000 $ la paire.

Concepts excentriques : plus d’extravagance, mais toujours pas de record

Du côté des architectures plus originales à haut-parleurs dynamiques, la compétition s’intensifie. Les Suisses Goldmund et leur système Gaïa, un totem composé de blocs acoustiques empilés, dépassent le demi-million de dollars, se hissant probablement dans le top 10. Wilson Audio, inventeur du concept d’enceinte haute fidélité, a dévoilé son nouveau vaisseau amiral, l’Autobiography, dont la finition « basique » débute à 788 000 $. Pas si simple de faire mieux.

Autres technologies : exotisme et prix élevés, mais pas de podium

Certaines technologies plus singulières, comme les panneaux électrostatiques de Martin-Logan, offrent une transparence et une esthétique uniques. Pourtant, même leurs plus imposantes, les Neolith, frôlent à peine les six chiffres. L’Allemand MBL, avec ses radiateurs à lames métalliques convexes diffusant à 360° pour les médiums et les aigus, propose un montage artisanal et précieux, avec des prix allant jusqu’à 385 000 € la paire. Ce montant ne lui permet toutefois pas de monter sur le podium.

Et le grand gagnant est… le système pavillonnaire chinois

Pour dénicher le véritable roi de l’indécence tarifaire, direction le stand du constructeur chinois ESD, qui occupe le plus grand espace du salon chaque année. Spécialiste de l’enceinte à pavillon, ESD propose des modèles allant du relativement simple jusqu’au colossal système « Super Dragon ». Cet ensemble six voies, à l’esthétique résolument chinoise antique, cumule d’immenses cornets acoustiques. Le produit de base, limité aux seuls pavillons, s’établit déjà autour de 1,5 million de dollars. Mais la configuration exposée à Vienne, intégrant les caissons optionnels, une finition laquée spéciale, et surtout une amplification dédiée présentée dans des meubles-ar moires de style chinois antique, atteint la somme vertigineuse de 3,6 millions de dollars. Hormis quelques rares séries limitées ou des créations en or massif, aucun équivalent ne rivalise sur le marché.

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