Projet de loi de finances 2027 : Les grandes priorités économiques et financières
À l’approche des échéances constitutionnelles d’examen du projet de loi de finances, le gouvernement tunisien fixe les grands arbitrages macroéconomiques et financiers pour l’exercice 2027. L’élaboration du projet de budget de l’État s’inscrit dans une logique de rigueur et de relance ciblée. Les objectifs majeurs s’articulent autour de la poursuite de l’amélioration de la croissance, du maintien de la stabilité du cours du dinar, de la maîtrise de l’inflation et de l’accélération du rythme d’exécution des projets publics afin d’en maximiser le rendement économique et social.
Le gouvernement réaffirme par ailleurs son engagement strict à honorer l’ensemble de ses obligations financières, en particulier le service de la dette publique dans les délais impartis. Les hypothèses retenues reposent sur une conjoncture internationale plus favorable, marquée par un redressement de la croissance mondiale à 3,4 % en 2027 (contre 3 % attendus en 2026) et une reprise dans la zone euro à 1,2 % (contre 0,9 %). À cela s’ajoutent un repli de l’inflation mondiale à 3,9 % et un cours moyen du baril de pétrole Brent stabilisé entre 75 et 80 dollars, offrant une marge d’appréciation pour la soutenabilité des finances publiques.
Sur le plan des choix stratégiques, le projet de budget 2027 vise à renforcer l’autonomie financière de l’État par l’accroissement de la part des ressources propres au sein des recettes globales. Pour ce faire, les services du Ministère des Finances misent sur la modernisation du système fiscal à travers la numérisation accélérée des procédures de recouvrement et la lutte contre l’évasion fiscale.
Parallèlement, une attention particulière est portée à la mobilisation des recettes non fiscales ainsi qu’à la consolidation des mécanismes de gouvernance et de transparence. L’instauration de systèmes de suivi et d’évaluation périodique de la performance des deniers publics constitue l’un des piliers de cette orientation.
Le projet s’attarde également sur le portefeuille des entreprises et établissements publics. Il prévoit des mécanismes d’accompagnement destinés à pérenniser leurs activités, à soutenir leur compétitivité et à restaurer leur rôle économique et sociétal. En matière de développement régional, l’accent est mis sur l’engagement sociétal de ces structures ainsi que sur la concrétisation rapide des projets d’infrastructures en région : aménagement de zones industrielles, raccordement aux réseaux d’eau et d’électricité, et fourniture des services de base indispensables à l’attractivité des investissements.
Il convient de rappeler que la préparation du budget 2027 constitue une étape charnière, marquant la deuxième année de mise en œuvre du Plan de développement 2026-2030. Conformément aux directives de la Circulaire de la Présidence du Gouvernement (n° 2 du 14 avril 2026), le projet recherche un équilibre permanent entre viabilité financière et impératifs de développement durable. Les services du Ministère des Finances finalisent actuellement le texte qui sera soumis au Conseil des ministres avant d’être transmis à l’Assemblée des Représentants du Peuple au plus tard le 15 octobre, conformément aux délais constitutionnels.

