Mouton de l’Aïd : 3 200 dinars, la facture qui fait saigner les Tunisiens + (Vidéo)
À l’occasion de l’Aïd al-Adha, l’équipe de l’Echo Tunisien s’est rendue à la ferme de Monsieur Ahmed Zariat, éleveur de bétail située à Nabeul, plus précisément dans la délégation de Beni Khiar. Mr Mohamed Ali qui travaille à la ferme devait nous éclairer sur les raisons de la hausse des prix et nous indiquer combien de citoyens de la région ont acquis des moutons. Cette année, le coût des sacrifices est devenu une source de préoccupation majeure pour les Tunisiens, en raison d’une cherté sans précédent : le prix d’un mouton atteint trois mille deux cents
L’éleveur explique : « Les moutons que vous voyez ici sont tous vendus. Leurs propriétaires nous accordent une grande confiance : ils achètent le mouton, nous le confient et nous remettent l’argent destiné à sa nourriture. Nous en sommes responsables, nous veillons sur eux la nuit. C’est une lourde fatigue. »
Il précise que certains moutons n’ont pas trouvé preneur en raison de la présence d’un abcès, appelé « Kholda » qui provient de la piqûre, du vaccin au niveau du cou. Lorsque le mouton est vacciné, cette bosse apparaît. Nous les gardons ici pour les vendre aux bouchers, ou bien à une personne nécessiteuse qui souhaite un grand mouton sans en avoir les moyens.
Nous lui consentons un prix avantageux, car il vaut mieux en faire bénéficier un citoyen plutôt qu’un boucher qui revend la viande à un tarif exorbitant. »
Il ajoute que, selon un imam, ce mouton est parfaitement valable pour le sacrifice, sans aucune difficulté, mais que certains citoyens en sont dégoûtés.
« Le boucher l’achète au kilo, entre 35 et 40 dinars le kilo de carcasse. Cette “Kholda” est éloignée de la zone d’égorgement et n’a aucune incidence, on peut simplement l’enlever. »
Interrogé sur les coûts, il détaille : « Un mouton consomme quotidiennement au minimum 2,5 à 3 dinars. Si vous l’acquérez quatre-vingt-dix jours avant l’Aïd, nous complétons son alimentation par un peu d’herbe, de la paille et de foin « kort ». La botte de paille que nous achetions auparavant entre 3 et 4 dinars coûte désormais 7. 5 dinars sur le marché. Il précise également que le mélange de céréales revient à mille trente dinars et ne dure même pas une semaine.
Mouhamed Ali souligne qu’il s’agit avant tout d’une passion : « Nous consentons à des dépenses considérables ; et lorsque nous parvenons tout juste à couvrir nos investissements ainsi que la peine que nous nous sommes donnée, notre bénéfice se réduit à une miette dérisoire. Si l’on ôte à ce métier la passion qu’il procure, il perd toute sa raison d’être. »
À propos des prix records, il affirme : « Les moutons à 5 ou 6 mille n’existent plus ; il ne s’agit là que de rumeurs propagées sur Facebook. D’ailleurs, au marché de Menzel Temime, le spécimen le plus cher était à trois mille deux cent. Mon plus gros mouton, qui pèse plus de 50 kilos de viande, a été vendu il y a un mois à deux mille six cents dinars »
Enfin, il lance un avertissement pour l’avenir : « Cette année, la majorité des brebis a mis bas des femelles. L’an prochain, on entendra véritablement parler de prix atteignant 5 mille , car les mâles se feront rares »

