Economie

France: le chômage dépasse les 8 % au premier trimestre 2026, un retour aux niveaux de 2021

La dégradation du marché du travail français se confirme. Au premier trimestre 2026, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) a franchi la barre des 8 %, pour s’établir à 8,1 % de la population active, selon les chiffres publiés par l’Insee. C’est son plus haut niveau depuis quatre ans.

Cette augmentation, de 0,2 point par rapport au trimestre précédent (7,9 %), constitue la quatrième hausse consécutive, après un point bas à 7,3 % enregistré fin 2024.

En données brutes, le nombre de demandeurs d’emploi hors Mayotte a progressé de 68 000 personnes sur trois mois, portant le total à près de 2,6 millions de chômeurs. Les jeunes sont particulièrement touchés par ce retournement, dans un contexte de ralentissement des recrutements et de diminution des postes dans plusieurs branches.

L’institut national de la statistique explique cette évolution par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels. Il met notamment en avant les conséquences de la réforme des retraites de 2023 : le relèvement progressif de l’âge légal maintient plus longtemps en activité les seniors qui, sans cette mesure, auraient quitté la vie active.

L’objectif de « plein emploi » s’éloigne

Ces mauvais chiffres tombent alors que le second mandat d’Emmanuel Macron touche à sa fin. Le chef de l’État avait fait de la réduction du chômage un engagement central de sa campagne de 2022, promettant d’atteindre un taux d’environ 5 % d’ici 2027 et de viser le « plein emploi ».

Pendant plusieurs années, les résultats ont été au rendez-vous : le chômage était descendu à 7,1 % au début de l’année 2023, son plus faible niveau depuis près de quinze ans. Mais la tendance s’est retournée dès la fin 2024.

Aujourd’hui, le discours officiel a changé. L’expression « plein emploi » a quasiment disparu de la communication gouvernementale, et plus aucun dirigeant ne l’évoque ouvertement. De nombreux économistes jugent cet objectif désormais hors de portée.

Cette remontée à 8,1 % au premier trimestre 2026 constitue donc un revers politique notable pour Emmanuel Macron, alors que l’emploi était jusqu’ici l’un des piliers positifs de son bilan.

Les causes de ce retournement sont multiples : le ralentissement économique en France et en Europe a pénalisé les embauches, en particulier dans l’industrie et la construction. Les économistes soulignent également que la forte baisse du chômage après la crise sanitaire avait été largement soutenue par des aides publiques exceptionnelles accordées aux entreprises.

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