Gazoduc Maroc-Nigéria : un accord intergouvernemental attendu fin 2026 pour un projet à 25 milliards de dollars
Le Maroc et le Nigeria devraient parapher au dernier trimestre de 2026 un accord intergouvernemental visant à accélérer la concrétisation du gazoduc africain atlantique, l’une des infrastructures énergétiques les plus ambitieuses du continent. Selon des informations concordantes de l’agence Reuters et de sources officielles des deux pays, les parties entendent finaliser d’ici la fin de l’année un cadre de coopération autour de ce mégaprojet.
Longue de 6 900 kilomètres pour un investissement estimé à 25 milliards de dollars, la conduite est conçue pour transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. À terme, elle pourrait approvisionner plus de 400 millions de personnes réparties dans près de treize pays, contribuant ainsi à la sécurité énergétique régionale et à la satisfaction des besoins croissants en électricité et en industrialisation sur le continent africain.
Le tracé retenu longe la façade atlantique de l’Afrique, reliant le Nigeria au Maroc et traversant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment la Mauritanie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana.
Lancée officiellement en 2016, à l’occasion d’une rencontre à Abuja entre le roi Mohammed VI et le président nigérian de l’époque, Muhammadu Buhari, l’idée d’un vaste corridor énergétique entre les deux nations a mûri pendant près d’une décennie. D’emblée, l’objectif était de structurer un axe énergétique reliant les ressources gazières considérables du Nigeria aux marchés ouest-africains et nord-africains, puis à l’Europe via les infrastructures marocaines. L’initiative s’inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud et d’intégration régionale à grande échelle, bénéficiant du soutien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
En outre, le projet ouvre des perspectives d’expansion des capacités d’approvisionnement vers l’Europe, en offrant une nouvelle voie d’acheminement du gaz naturel depuis l’Afrique de l’Ouest à travers le Maroc.

