Investissements croisés émirato-égyptiens dans un vaste projet balnéaire à Essaouira
Les Émirats arabes unis et l’Égypte s’associent pour injecter près de 200 millions d’euros dans la première phase d’un complexe touristique d’envergure au Maroc, plus précisément dans la cité côtière d’Essaouira, sur l’Atlantique. L’initiative est portée par le holding émirati AlNowais Investments, aux côtés du groupe égyptien Sunrise Group – spécialiste du tourisme balnéaire et des resorts haut de gamme – et de l’homme d’affaires égyptien Samih Sawiris.
Le site couvrira une superficie totale de 2,5 millions de mètres carrés et ambitionne, à terme, la construction d’un ensemble hôtelier d’environ 800 chambres, selon des informations relayées par Bloomberg.
Les capitaux seront déployés sur cinq ans, suivant un aménagement progressif et intégré. La phase initiale prévoit l’édification et l’équipement de plusieurs unités hôtelières représentant quelque 270 chambres, dont la livraison est attendue d’ici fin 2027. S’y ajoute un nouvel hôtel de 350 chambres, dont la réalisation s’étalera sur quatre ans.
Ce premier volet intègre également un pôle de loisirs et commercial d’environ 300 000 mètres carrés, comprenant 150 chambres supplémentaires, des surfaces dédiées au commerce, ainsi que des équipements récréatifs (terrains de golf et une trentaine de petits hôtels de charme).
Un projet relancé après vingt ans d’attente
Le projet touristique de Mogador à Essaouira remonte à 2004. Lancé dans le cadre du Plan Azur, il devait structurer l’offre balnéaire locale et renforcer son rayonnement international. Pensé comme une station intégrée d’envergure, il a toutefois subi de nombreux ralentissements liés à des difficultés de financement et de gouvernance.
À l’origine confié à des opérateurs internationaux, le projet affichait des ambitions très élevées, avec plusieurs milliers de lits et de vastes équipements de loisirs. Mais la mise en œuvre s’est avérée partielle, jalonnée de retards et d’une montée en puissance progressive, bien en deçà des objectifs initiaux.
Selon les données disponibles, seules certaines infrastructures ont finalement vu le jour – notamment des unités hôtelières et un complexe de golf –, tandis que plusieurs volets ont été redimensionnés ou réajustés au fil du temps.
Le nouveau plan prévoit une montée en puissance progressive de l’offre touristique, alliant hébergement, loisirs et commerces, avec un accent sur l’attractivité internationale et la création de valeur locale. La deuxième phase du projet devrait être lancée environ cinq ans après le démarrage de la première.

