Plastique à usage unique : la Tunisie accélère sa transition vers des alternatives durables + (vidéo)
Face à la marée grandissante des déchets plastiques qui étouffe les écosystèmes et menace les équilibres fragiles de la Méditerranée, la Tunisie entend sortir de l’impasse. Longtemps dépendante des sacs, pailles et gobelets à usage unique, elle amorce aujourd’hui un virage écologique sous l’impulsion de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGed).
Dans une déclaration accordée à l’Echo Tunisien, Abir Sassi, directrice de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGed) en Tunisie, dresse un constat sans appel : les dégâts environnementaux causés par le plastique à usage unique sachets, pailles, gobelets … appellent une réponse urgente et coordonnée. Un travail acharné, mené aux côtés des organisations non gouvernementales et des citoyens, a permis de faire évoluer les mentalités vers une démarche plus écologique. L’accent a notamment été mis sur la promotion du couffin en fibres de palmier, présenté comme une alternative durable aux sachets plastiques classiques.
Dans ce contexte, Mme Sassi rappelle que la Tunisie, soucieuse de son ancrage régional, a ratifié dès 1994 la Convention de Barcelone pour la protection de la mer Méditerranée. Cet engagement international se double d’une rigueur institutionnelle sur le plan national : toute décision d’autorisation d’implantation d’une usine de sacs ou de produits en plastique relève, précise-t-elle, exclusivement du ministre de l’Industrie. Par ailleurs, face à la menace croissante du trafic illégal de déchets plastiques, la Douane a multiplié les avertissements, tandis que la Tunisie a renforcé son arsenal juridique en adhérant à la Convention de Bâle, instrument international de référence dans la lutte contre ce fléau.
« Notre objectif premier est de collecter et de recycler les déchets que nous produisons », insiste la directrice de l’ANGed. Si le PET (polyéthylène téréphtalate) est principalement exporté, notamment vers l’Europe, c’est parce qu’il y est transformé en fibres de polyester, une ressource recherchée.
Au sein du ministère de l’Environnement, la réglementation sur les sacs plastiques conventionnels a d’ores et déjà été révisée. La législation, en constante évolution, fera l’objet d’une mise à jour prochaine.
Ce travail substantiel a été mené avec le soutien de partenaires internationaux tels que la Banque mondiale et la Commission européenne. Il convient d’être clair » toute notre action repose sur la sensibilisation et sur une politique d’élévation des consciences aux enjeux écologiques » conclut Mme Sassi.
La Tunisie, forte de ses engagements internationaux et d’une volonté politique affirmée, s’engage résolument sur la voie d’une gestion plus durable des déchets plastiques. Entre la promotion d’alternatives écologiques comme le couffin en fibres de palmier, le renforcement des contrôles douaniers contre les trafics illégaux, et la révision constante de son cadre réglementaire, le pays pose les jalons d’une transition nécessaire. Reste désormais un défi de taille : généraliser ces pratiques, mobiliser durablement les citoyens et les industriels, et transformer l’essai en profondeur. Mais comme le souligne Abir Sassi, c’est avant tout par l’éveil des consciences que se construira un avenir plus respectueux de l’environnement.

