Fruits et légumes tunisiens : le bond de 60 % qui bouscule le marché des primeurs
Les expéditions tunisiennes de fruits et légumes frais vers le marché italien ont connu une progression fulgurante au cours de l’année en cours. D’après les dernières statistiques publiées par le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), la valeur de ces flux a bondi à 134 millions de dinars, contre 85 millions de dinars enregistrés en 2024. Cette hausse, qui représente une augmentation de 60 % sur un an, témoigne d’un net regain de compétitivité du secteur agricole national sur ce débouché européen de premier plan.
Dans la continuité de cette embellie, une délégation de neuf sociétés agricoles tunisiennes est actuellement présente à Milan, où se tient les 18 et 19 juin le salon Mercato Agroalimentare di Milano (SogeMi). Cette initiative, pilotée par le CEPEX via son antenne lombarde et le Consulat général de Tunisie à Milan, bénéficie du soutien de l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA) ainsi que des groupements interprofessionnels des fruits (GIFruits) et des légumes (GIL).
Cet événement, qui rassemble près de 25 000 visiteurs, est perçu par les autorités tunisiennes comme une plateforme clé pour pérenniser l’ancrage des primeurs du pays dans les linéaires de la distribution italienne. Le complexe de Milan, qui s’étend sur 80 000 mètres carrés, traite annuellement un million de tonnes de produits maraîchers et fruitiers. Répartis entre 130 grossistes au sein de deux infrastructures emblématiques (dont une structure flambant neuve inaugurée récemment), ces échanges ont généré un chiffre d’affaires global avoisinant les 20 millions d’euros en 2025.
Pour les grossistes du SogeMi, qui ravitaillent à la fois 15 marchés municipaux, les enseignes de la grande distribution et l’ensemble du secteur Horeca milanais, la Tunisie apparaît comme un fournisseur stratégique capable d’étendre les fenêtres d’approvisionnement au-delà des calendriers de production européens. Le CEPEX souligne que plusieurs atouts structurels plaident en faveur de ce rapprochement commercial : la proximité géographique, la fluidité du corridor maritime reliant les deux rives de la Méditerranée, un patrimoine culinaire partagé, et la qualité reconnue des primeurs tunisiennes. L’objectif affiché de cette mission est de transformer ces avantages naturels en engagements contractuels durables avec les opérateurs italiens.

