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Face au choc climatique, la menace des incendies en Tunisie s’intensifie

Victime d’une vague de chaleur extrême touchant la quasi-totalité du territoire, la Tunisie fait face à une multiplication inquiétante des incendies. Entre la mobilisation du « plan vert » à Bizerte, le déploiement de l’Armée nationale et le travail acharné de la Protection civile, le pays traverse des journées décisives pour préserver son massif forestier et la sécurité des habitants.

Depuis la mi-juillet 2026, la Tunisie subit une canicule d’une intensité rare. Plaçant 20 des 24 gouvernorats du pays en niveau de vigilance élevée, la vague de chaleur a vu les météores s’affoler, avec des pics historiques enregistrés dans le Sud tunisien.

Ces conditions météorologiques extrêmes, combinées à des vents chauds et un taux d’humidité au plus bas, ont transformé la végétation méditerranéenne en un véritable combustible. Selon les déclarations officielles du commandant Khalil Mechri, chef de la sous-direction des opérations à la Protection civile, les services de secours ont fait face à une pression sans précédent, effectuant près de 2 800 interventions en 48 heures, dont plus de 600 liées à des départs de feu.

Le massif forestier du Nord-Ouest paie le plus lourd tribut face à cette vague d’incendies. Entre le 11 et le 21 juillet, 86 feux de forêt ont été comptabilisés par la Protection civile. Si la grande majorité de ces foyers (74 incendies) a pu être rapidement circonscrite grâce à la réactivité des équipes sur le terrain, plusieurs incendies majeurs sont restés très actifs dans quatre gouvernorats clés :

  • Bizerte (Mont Nadhour) : Un incendie violent déclaré au niveau de Jebel Nadhour a menacé les zones de Rafraf, Ghar El Melh et Sidi Ali El Mekki.
  • Béja (Nefza et Téboursouk) : Mobilisation soutenue des secours autour du djebel Kharkalia pour contenir la progression des flammes vers les massifs denses.
  • Jendouba (Aïn Draham et Fernana) : Plusieurs feux ont dévasté des dizaines d’hectares de forêts à Oued Ettout, Sra Rabeh et Dar Fatma.
  • Le Kef (Mont Boughanem) : Un foyer persistant a nécessité plusieurs jours d’interventions continues.

Devant la gravité de la situation au niveau du massif de Jebel Nadhour, le gouverneur de Bizerte, Salem Ben Yaâcoub, président de la Commission régionale de lutte contre les catastrophes naturelles, a ordonné le déclenchement du « Plan Vert ». Ce dispositif d’urgence a permis d’interconnecter immédiatement la Protection civile, la direction des forêts, les services de l’Agriculture et de l’Équipement, ainsi que les autorités municipales.

Sur le terrain, la solidarité locale s’est rapidement organisée : habitants et volontaires se sont joints aux bataillons de pompiers pour prêter main-forte et protéger les habitations ainsi que le cheptel des zones rurales riveraines.

Au-delà de la réponse opérationnelle, les autorités rappellent que la responsabilité humaine reste déterminante. La Protection civile réitère ses appels à la plus grande prudence : évitement strict des jets de mégots en milieu naturel, interdiction des feux de camp ou de débroussaillage par le feu, et signalement immédiat de toute fumée suspecte via les numéros d’urgence.

Sur le plan judiciaire, le Code forestier tunisien prévoit des peines allant de cinq ans de prison ferme à des sanctions alourdies pour toute personne reconnue coupable d’incendie volontaire ou de négligence grave.

Alors que la période estivale bat son plein, l’effort conjoint des secours, des forces armées et des citoyens demeure le principal rempart pour préserver le patrimoine forestier et la biodiversité de la Tunisie.

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