Hamdi Hached: « Environ un milliard et demi de personnes simultanément sous l’effet de vagues de chaleur »
Selon l’explication de Hamdi Hached, expert environnemental, les dernières cartes mondiales des anomalies thermiques révèlent une situation inédite par son ampleur.
Si l’on observe les cartes mondiales des anomalies thermiques pour cette semaine et que l’on concentre son regard uniquement sur les zones teintées de rouge et de rouge foncé – c’est-à-dire les régions où les températures sont nettement supérieures aux moyennes climatiques de saison –, le chiffre atteint des proportions vertigineuses.
D’après mon estimation, entre 1,3 et 2 milliards d’êtres humains vivent actuellement à l’intérieur de ces périmètres, répartis entre l’Europe, l’Asie de l’Est, l’Amérique du Nord et de vastes étendues de l’Amérique du Sud.
Cela signifie qu’une personne sur cinq, voire une sur quatre à l’échelle de la planète, subit aujourd’hui des anomalies thermiques très élevées par rapport aux normales saisonnières.
Ces cartes ne renseignent pas sur les températures absolues, mais sur l’écart par rapport à la moyenne climatique. Toutefois, lorsque ces couleurs rouge foncé apparaissent en plein été, elles traduisent le plus souvent des vagues de chaleur puissantes et exceptionnelles, dont les répercussions sont directes sur la santé, la consommation énergétique, les incendies, les rendements agricoles et, au-delà, sur l’économie tout entière.
Ce qui frappe davantage l’attention, c’est que ce phénomène ne se cantonne plus à un seul continent ; il s’étend désormais simultanément sur de larges fractions de l’hémisphère Nord, avec un prolongement marqué jusqu’en Amérique du Sud. Et lorsque les vagues de chaleur se manifestent de façon synchrone sur plusieurs continents, nous ne parlons plus simplement d’un temps chaud, mais bien d’une empreinte climatique mondiale, dont la répétition s’intensifie de saison en saison.

