Economie

Brazzaville 2026 : la BAD lance un pari géant sur l’épargne locale et les MPME pour les jeunes et les femmes

    Dès ce lundi le 25 mai 2026, la capitale congolaise accueille les grandes rendez-vous de la Banque africaine de développement (BAD). Chefs d’État et de gouvernement, ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales, acteurs du secteur privé, responsables financiers et représentants de la société civile se donnent rendez-vous à Brazzaville, en République du Congo, à l’occasion des assemblées annuelles 2026 de l’institution.

    Placées sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », ces assises comprennent la 61ᵉ session du Conseil des gouverneurs de la BAD et la 52ᵉ session du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement (FAD), le guichet de prêts concessionnels du Groupe de la Banque.

    Cet événement statutaire majeur réunit plus de 3 000 participants, parmi lesquels des dirigeants et des responsables politiques et économiques des 81 pays membres de l’institution, des cadres d’institutions financières et de développement, des représentants de groupes de réflexion, de la société civile, du secteur privé, du monde universitaire et des leaders d’opinion. Ces rencontres interviennent alors que l’aide publique au développement accuse un net repli sur la scène internationale. Dans ce contexte, l’Afrique se voit contrainte d’innover, d’identifier et surtout d’exploiter ses propres ressources pour financer sa croissance, notamment en s’appuyant sur la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) proposée par le Groupe de la BAD.

    Ces assemblées permettront aux actionnaires du Groupe de la Banque d’évaluer les avancées de l’année écoulée et de débattre de la mise en œuvre des « Quatre Points cardinaux », piliers du développement durable du continent. Elles offriront aussi une plateforme unique d’échanges entre dirigeants, actionnaires, société civile, secteur privé et médias sur les enjeux de développement de l’Afrique.

    En parallèle des réunions statutaires des gouverneurs de la BAD et du FAD, l’institution et le pays hôte organiseront plusieurs manifestations consacrées au partage de connaissances.

    Ces assemblées annuelles 2026 sont les premières placées sous la direction de Sidi Ould Tah, neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement, entré en fonction en septembre 2025. L’un de ses premiers faits marquants est la dix-septième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), conclue en décembre dernier à Londres, avec un montant record de 11 milliards de dollars. Ce guichet concessionnel soutient les pays africains à faible revenu et en situation de fragilité par des prêts à taux préférentiels et des dons. Vingt-quatre pays africains, un nombre sans précédent, ont contribué à hauteur de 182,7 millions de dollars au Fonds. À noter que l’Afrique détient environ 4 000 milliards de dollars d’épargne dans des fonds de pension, des fonds souverains et d’autres mécanismes similaires.

    Dans le cadre de la NAFAD, portée par le président Ould Tah, ces ressources dispersées seront mobilisées et optimisées pour libérer le potentiel financier du continent, avec l’objectif, selon ses propres mots, de « faire en sorte que chaque dollar soit multiplié par dix ». La NAFAD a reçu, en avril dernier, le feu vert des dirigeants et acteurs de l’écosystème financier africain réunis à Abidjan (Côte d’Ivoire), après avoir été entérinée en février par les chefs d’État lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Cette architecture s’appuie sur les « Quatre Points cardinaux » – la vision stratégique du président du Groupe de la Banque – visant à déployer la puissance du capital africain, renforcer la souveraineté financière du continent, investir dans le capital humain et les micro-, petites et moyennes entreprises (MPME) au bénéfice des jeunes et des femmes, et développer des infrastructures et des chaînes de valeur compétitives.

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