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L’Ordre des ingénieurs et les universités privées, un débat sur les prérogatives et la qualité de la formation + (Vidéo)

Le débat relatif aux prérogatives de l’Ordre des ingénieurs à l’égard des établissements privés dispensant des formations en ingénierie ne cesse de s’intensifier en Tunisie. Cette controverse survient à la suite de la publication, par l’Ordre, d’une liste des instituts qu’il estime conformes aux critères exigés pour l’inscription au tableau des ingénieurs, ainsi que de l’annonce de la poursuite de l’instruction des dossiers d’autres établissements, contre le versement de droits s’élevant à près de 10 000 dinars.

Ce dossier soulève de sérieuses interrogations juridiques quant à la délimitation des compétences respectives du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, seul habilité par la loi à octroyer les agréments aux établissements universitaires et à en exercer la tutelle, et de l’Ordre des ingénieurs, lequel soutient que son rôle se borne à réglementer l’exercice de la profession et à garantir la qualité de la formation en ingénierie.

Le doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), M. Mohsen Gharsi,  à préciser, dans une déclaration accordée à L’Echo Tunisien, que l’Ordre des ingénieurs ne délivre pas d’agréments aux universités et ne leur octroie aucune accréditation, mais s’attache plutôt à vérifier que leurs diplômés satisfont aux conditions professionnelles requises pour leur inscription au tableau des ingénieurs.

Il a ajouté que « L’agrément délivré à un établissement d’enseignement ne saurait se confondre avec le droit d’exercer une profession réglementée par la loi », a-t-il tenu à souligner, ajoutant que la lourde responsabilité incombant à l’ingénieur en génie civil commande de s’assurer de la qualité de la formation reçue avant de lui octroyer le titre d’ingénieur.

A propos de cette polémique, M. Gharsi a tenu à préciser que l’Ordre n’adopte pas une position hostile à l’égard de l’enseignement supérieur privé, qu’il présente, en revanche, comme un maillon essentiel du système universitaire tunisien et un partenaire clé de sa progression, à condition de respecter les normes de qualité et de transparence garantissant la formation d’ingénieurs compétents.

Il a expliqué que l’enseignement supérieur privé contribue à soutenir le secteur et à accueillir un nombre croissant d’étudiants, tout en allégeant la pression pesant sur les universités publiques. Il a réaffirmé que l’évaluation d’un établissement ne dépend ni de son statut public ni de son statut privé, mais de sa capacité à offrir une formation qui répond aux exigences de la profession.

Il a ajouté que l’Ordre des ingénieurs ne défend les intérêts d’aucune partie particulière, mais s’emploie à préserver la valeur du diplôme d’ingénieur tunisien et à maintenir le niveau d’excellence professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur, consolidant ainsi la crédibilité de l’ingénieur tunisien, tant sur le plan national qu’international.

Quant à la demande adressée par l’Ordre aux établissements privés d’enseignement supérieur les invitant à soumettre leurs dossiers, M. Gharsi a précisé qu’il s’agit de vérifier dans quelle mesure les programmes de formation sont conformes aux normes professionnelles en vigueur, avant d’autoriser leurs diplômés à s’inscrire au tableau des ingénieurs.

Il a indiqué que le processus d’évaluation repose sur un ensemble d’indicateurs, parmi lesquels on retrouve le contenu des programmes pédagogiques, la qualité de l’encadrement enseignant, les équipements et les laboratoires, les stages pratiques, de même que les résultats de la formation et leur adéquation avec les exigences liées à l’exercice de la profession d’ingénieur.

Il a tenu à souligner que ces mesures ne ciblent pas particulièrement les établissements privés, mais relèvent de la mission dévolue à l’Ordre, qui consiste à garantir la qualité de la formation en ingénierie, à préserver la valeur du diplôme d’ingénieur tunisien, à renforcer la sécurité de la profession et à servir l’intérêt général.

En attendant que ce débat soit tranché, le dossier demeure ouvert à plusieurs hypothèses, au vu de la divergence des interprétations juridiques entre les différentes parties. Entre la volonté de l’Ordre des ingénieurs de protéger la qualité de la profession et l’attachement des universités privées à leur droit d’exercer conformément aux agréments qui leur ont été délivrés, l’intérêt de l’étudiant et la stabilité du système universitaire restent la priorité. Celle-ci requiert une clarification juridique fixant les limites des compétences, garantissant la qualité de la formation et préservant à la fois la confiance dans les établissements d’enseignement supérieur et la valeur du diplôme d’ingénieur tunisien.

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