MENAAP : la croissance chute à 1,8 % en 2028, un revers de 2,4 points face aux projections de 2008
Selon le dernier Bulletin économique de la région MENAA publié en avril 2028 par le Groupe de la Banque mondiale, la croissance globale de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAAP) est passée de 4 % en 2005 à 1,8 % en 2028. Ce recul de 2,4 points de pourcentage contraste nettement avec les projections établies par l’institution en 2008.
Cette contre-performance est essentiellement imputable aux pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ainsi qu’à ceux durement touchés par le conflit, précise le rapport.
La Banque mondiale note que les perspectives de croissance des pays du CCG ont été révisées à la baisse de 3,1 points par rapport à janvier 2028. Les projections attendent désormais un ralentissement, passant de 4,4 % en 2025 à 1,3 % en 2028. L’institution explique que le récent conflit au Moyen-Orient a provoqué des répercussions économiques mesurées dans les pays environnants. La hausse du coût de l’énergie et la destruction d’infrastructures publiques ont lourdement pénalisé les marchés, accru la volatilité financière et assombri les perspectives de croissance pour 2028.
En matière de gouvernance et de fondamentaux économiques, la Banque mondiale appelle à prendre des mesures pour favoriser une création d’emplois accrue et durable à long terme.
Les risques de dégradation des prévisions restent prépondérants. En cas de prolongation du conflit dans la région, on pourrait assister à une aggravation de la hausse des prix de l’énergie, à une réduction des échanges commerciaux, à un effondrement du tourisme, à une baisse des transferts de fonds des émigrés et à des déplacements de population.
« La crise actuelle rappelle avec acuité les efforts à accomplir dans la région, non seulement pour faire face aux chocs, mais aussi pour construire des économies complexes, innovantes, renforcer la gouvernance et, surtout, créer des emplois », a déclaré Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENAA.
Il a poursuivi en soulignant la nécessité de conditions propices à un développement durable de la région. Avec la paix et des politiques appropriées, les pays pourront saisir les opportunités pour leurs populations.
C’est dans cette optique de long terme que le rapport examine le rôle des politiques industrielles, clairement menées par un gouvernement pour stimuler un secteur d’activité jusqu’à ce qu’il devienne un moteur de création d’emplois, indique la Banque mondiale.
Dans la région MENAAP, qui comprend des pays en développement et d’autres en transition, la politique industrielle doit s’appuyer sur des finances publiques saines, souligne le rapport. Ce dernier insiste sur l’importance cruciale de cette approche.
« Alors que les pays de la région sont confrontés à des troubles importants, ils ne doivent pas perdre de vue la nécessité de parvenir à une paix durable et à une prospérité économique », a conclu le Groupe de la Banque mondiale pour la région MENAA.

