Poulpe en Tunisie : le repos biologique bafoué, l’espèce menacée
Du 15 mai au 15 octobre, la pêche au poulpe est interdite sur l’ensemble des côtes tunisiennes. Pourtant, le braconnage persiste. L’activiste environnementale Imen. Dans une déclaration à L’Écho Tunisien, l’activiste rappelle l’urgence de protéger cette espèce menacée et appelle les consommateurs et les pêcheurs à une responsabilité collective.
« Au fil des années, les stocks de poulpes dans nos mers diminuent de jour en jour. » C’est par ce constat alarmant qu’Imen, activiste environnementale à l’association TunSea de la protection marine, entame son intervention.
L’activiste insiste d’emblée sur un point trop souvent ignoré : « Cet animal n’est pas seulement destiné à la pêche, martèle-t-elle. Il constitue un élément essentiel de l’équilibre écologique et de l’économie maritime. » Selon elle, protéger le poulpe de l’extinction est désormais un devoir pour chacun afin de préserver nos ressources.

Un cadre légal strict, mais trop souvent violé
Imen rappelle d’abord les règles en vigueur. « La loi tunisienne est claire et stricte, souligne-t-elle : la pêche au poulpe est formellement interdite du 15 mai au 15 octobre. » Cette période, connue sous le nom de « repos biologique », est selon elle « le moment que nous accordons à la mer pour respirer et se régénérer ».
L’activiste précise également les conditions de durabilité : « Pour garantir la pérennité de l’espèce, le poids de chaque poulpe pêché ne doit pas être inférieur à un kilogramme. » Elle dénonce parailleurs l’usage illégal de certains équipements :« L’utilisation de casiers en plastique, ce qu’on appelle la « drina » est interdite, explique-t-elle. Ces engins massacrent l’habitat et capturent sans discernement. »
Braconner aujourd’hui, c’est ruiner demain !
Interrogée sur les conséquences du non-respect de cette trêve, Imen se montre sans ambiguïté. « Celui qui pêche le poulpe pendant la période de repos biologique ne réalise pas un profit, affirme-t-elle. Au contraire, il détruit les stocks des années à venir. » Elle ajoute que cette prédation contribue directement à l’augmentation des prix sur les marchés, la rareté artificielle provoquant une flambée. « Et les contrevenants s’exposent à des sanctions sévères» prévient-elle.
Pendant l’interdiction, l’achat de poulpe est vivement déconseillé
Face à ce constat, l’activiste lance un appel à la responsabilité collective. « Le repos biologique est dans l’intérêt permanent de la mer, du pêcheur et du consommateur», poursuit-elle.
« Je demande aux consommateurs de ne pas acheter de poulpe durant cette période d’interdiction. Tant qu’il y aura des acheteurs, les braconniers continueront », affirme-t-elle.
Imen conclut sur une note d’espoir : « Ensemble, nous pouvons protéger notre mer et garantir la richesse aquatique pour nos enfants et les générations futures. » Puis elle insiste sur un ultime rappel : « Le respect du repos biologique n’est pas un choix, c’est un devoir. »

