Déficit énergétique : Les chercheurs tunisiens ont-ils la solution ?
Alors que la transition énergétique s’impose comme une réalité incontournable à l’échelle planétaire, la Tunisie mise sur la science pour négocier ce virage technologique et stratégique. C’est le message porté par Afef Ben Abdelghani Bennani, maître de conférences et chercheuse à l’École Nationale d’Ingénieurs de Tunis (Enit), dans une déclaration à l’agence TAP.
De retour d’une mission en Italie, où elle accompagnait une délégation de scientifiques tunisiens à l’exposition internationale KEY 2026 à Rimini, l’universitaire a insisté sur le rôle « fondamental » de la recherche. Selon elle, celle-ci est la clé pour orchestrer une transition énergétique à la fois fluide et couronnée de succès.
Cette exigence scientifique est d’autant plus pressante que le contexte mondial est tendu, marqué par l’urgence climatique et la nécessité d’exploiter un potentiel colossal en énergies renouvelables. La participation tunisienne à ce salon de référence visait donc plusieurs objectifs : se tenir informés des dernières innovations mondiales, tisser des partenariats stratégiques et, in fine, réduire le fossé technologique qui nous sépare des pays les plus avancés.
Pour Mme Ben Abdelghani Bennani, bâtir un système énergétique résilient passe inévitablement par des travaux de recherche. Ceux-ci ont une double vocation : soit développer des solutions totalement inédites, soit adapter les technologies existantes aux spécificités locales. Dans un pays comme la Tunisie, qui fait face à un déficit énergétique chronique, cet enjeu est qualifié de « stratégique et vital ». La science devient alors un outil pour concevoir des réponses taillées sur mesure pour notre réalité.
« Notre rôle, en tant que chercheurs tunisiens, est multiple, explique-t-elle. Il s’agit d’encadrer la relève, d’apporter des innovations adaptées à notre contexte, mais aussi de démontrer la faisabilité technico-économique de ces nouvelles solutions et leur apport concret dans le processus de transition. » Elle a particulièrement souligné le soutien indispensable de la recherche à l’innovation technologique dans des domaines clés comme le stockage de l’énergie et l’intégration des réseaux électriques intelligents.
Il est à noter que ces efforts scientifiques convergent avec des enjeux sanitaires majeurs. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère en effet la transition énergétique comme une opportunité unique pour la santé publique, permettant de sauver des millions de vies grâce à la réduction de la pollution atmosphérique, responsable de nombreuses maladies cardio-vasculaires et respiratoires. L’OMS rappelle également qu’une transition « juste » doit garantir un accès universel à une énergie propre, protéger les travailleurs des filières fossiles en reconversion et assurer la résilience des communautés les plus vulnérables.

