Economie

Textile-habillement : une production fortement affectée durant l’été 2026

Le secteur du textile et de l’habillement a subi une contraction marquée de sa production. La baisse est évaluée entre 40 % et 60 % pour les mois de juillet et août 2026. Parmi les causes figurent les coupures d’électricité, qui ont déréglé le fonctionnement des usines et compliqué l’exécution des commandes.

Tarek Belhaj Ali, vice-président de la Fédération du textile et de l’habillement, est revenu sur les obstacles rencontrés par les industriels lors de son passage dans les médias. Il a expliqué que plusieurs entreprises n’avaient pas dépassé 50 % de leurs capacités pendant cette période. Cette situation a eu des conséquences directes sur la production et, donc, sur les exportations du secteur.

Le responsable a surtout mis en avant le caractère imprévisible des coupures d’électricité. Les entreprises ignoraient à l’avance quand les interruptions auraient lieu, ce qui les empêchait d’adapter l’organisation du travail et de garantir les volumes nécessaires pour répondre aux commandes de leurs clients, sur le marché local comme à l’étranger. Désormais, les salariés accomplissent des heures supplémentaires pour accélérer la production et récupérer une partie du retard.

Des dommages limités, mais un besoin de rassurer

Tarek Belhaj Ali a indiqué que les coupures et les variations de tension avaient provoqué quelques dégâts matériels, en particulier sur des cartes électroniques équipant des machines. Il a toutefois précisé que les dommages constatés étaient restés limités.

Il a aussi regretté qu’aucun message officiel suffisamment rassurant n’ait été diffusé après les perturbations de l’été. Pour le secteur, il est désormais essentiel que les investisseurs étrangers et les clients soient rassurés sur les mesures prises afin d’éviter que de telles difficultés ne se reproduisent.

En parallèle, les industriels réfléchissent à un recours plus important aux énergies renouvelables, notamment au photovoltaïque, pour réduire leur exposition aux interruptions de l’alimentation électrique.

Transition verte et numérique : le coût pour les petites entreprises

Le secteur doit également se préparer aux nouvelles exigences européennes en matière d’environnement et de numérique, notamment celles liées au passeport numérique des produits.

Tarek Belhaj Ali a assuré que la majorité des entreprises structurées étaient préparées et que plusieurs avaient déjà réalisé leur bilan carbone. Certaines modalités restent néanmoins à harmoniser, notamment au niveau européen.

Cette transition représente surtout un coût important pour les petites et très petites entreprises. Elle nécessite des ressources humaines, l’acquisition de logiciels ainsi que différentes démarches et procédures.

Dans le cadre de ses propositions pour la loi de finances 2027, la Fédération a présenté des mesures concernant notamment les énergies renouvelables, l’empreinte carbone et l’économie circulaire. L’objectif est de permettre aux entreprises d’investir une partie de leurs bénéfices dans ces domaines tout en bénéficiant d’incitations.

Le vice président a également évoqué le coût du financement, affirmant que le coût des crédits pouvait atteindre 16 %, ce qui constitue un frein supplémentaire à l’investissement des entreprises.

La main-d’œuvre tunisienne attirée par le Canada et l’Égypte

Une autre difficulté a été soulevée : le manque de main-d’œuvre. Le secteur fait face à la fois à une désaffection d’une partie des jeunes et au départ de travailleurs qualifiés vers l’étranger.

Parmi les pays cités par M. Belhaj Ali figurent le Canada et l’Égypte, cette dernière étant pourtant une concurrente dans le textile. D’après ses explications, les entreprises égyptiennes mettent en avant des avantages et des rémunérations de nature à séduire les compétences tunisiennes.

La Fédération travaille donc sur l’attractivité du secteur et sur une meilleure adéquation entre la formation professionnelle, les cursus académiques et les besoins réels des entreprises. Cette question est d’autant plus pressante que les industriels doivent simultanément rattraper les pertes de production de l’été, investir dans leur transition énergétique et environnementale et préserver leur position sur leurs principaux marchés européens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *