SAH Lilas : Marge brute record à 43,5 % malgré un chiffre d’affaires en repli de 1,9 %
Dans sa dernière note stratégique, l’intermédiaire en Bourse Amen Invest recommande vivement aux investisseurs institutionnels de renforcer leurs positions sur le titre SAH Lilas. Les experts estiment que l’amélioration des ratios d’endettement, conjuguée à une progression soutenue du résultat net consolidé en 2025 et à un rendement du dividende jugé durable, plaide en faveur d’une intégration de la valeur dans les portefeuilles alliant prudence gestionnaires et ambitions de rendement à long terme.
Cette analyse s’appuie sur des comptes solides : le bénéfice net part du groupe s’établit à 63,3 millions de dinars (MDT), tandis que la marge brute historique de la maison mère atteint 43,5 %, signe d’une robustesse certaine face à un léger tassement de l’activité opérationnelle en Tunisie.
Sur le plan strictement social, SAH Tunisie boucle l’exercice sur un résultat net record de 52,8 MDT, en hausse de 6 % sur un an. Cette performance est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un environnement de recul du chiffre d’affaires individuel, qui cède 1,9 % à 473,7 MDT. La préservation des marges a été permise par une réduction de 5 % des achats consommés, ramenés à 269,9 MDT. Cet effet ciseau favorable a porté la marge brute à son plus haut niveau historique, compensant une augmentation de 10,7 % de la masse salariale. Par ailleurs, la création de valeur s’est accélérée en bas de bilan, grâce à un recul de 12,9 % des dotations aux amortissements et une diminution de 9,2 % des charges financières nettes, renforçant le profil défensif de l’entité tunisienne.
À l’échelle consolidée, le chiffre d’affaires du groupe affiche une quasi-stabilité à 983,2 MDT, soit une très légère progression de 0,6 %. Cette performance est portée par les relais de croissance externes, avec des revenus des filiales étrangères en hausse de 3,7 %. La dynamique commerciale est particulièrement soutenue au Sénégal (+17,4 %), en Libye (+9,4 %) et en Algérie (+3,1 %). Hors des segments cosmétique et plastique, le résultat net cumulé des filiales s’envole de 88,9 %, à 30,9 MDT.
Cette vigueur à l’export permet de contrebalancer les lourdes pertes enregistrées par Azur Cosmétique, qui accuse un déficit net de 25 MDT et un EBITDA négatif de 4,2 MDT, affectée par une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux. La direction juge toutefois que ce creux correspond à un point bas conjoncturel et table sur un retournement dès 2026.
En revanche, la stratégie d’expansion sur le continent africain pèse sur la liquidité à court terme du groupe, comme en témoigne le ratio de liquidité générale de 0,90x pour l’entité tunisienne. Les créances clients consolidées ont grimpé de 20,1 % à 340,7 MDT, portant le délai moyen de recouvrement à 123 jours. Pour préserver son équilibre financier, SAH a accru ses dettes fournisseurs de 27,9 %, à 299,7 MDT.
Le groupe conserve néanmoins une trésorerie disponible proche de 99 MDT, et le flux de trésorerie libre individuel de 40,7 MDT couvre largement les 33,6 MDT de dividendes versés. En Bourse, le titre s’échange à un cours de 14,40 DT (référence du 9 juin 2026), soit un ratio cours/bénéfice de 19,1 fois.
Les analystes d’Amen Invest mettent en avant un ratio PEG de 0,95x, sous le seuil de 1, ce qui suggère que le potentiel bénéficiaire à long terme reste sous-évalué par le marché. Pour 2026, le plan de développement 2026-2028 prévoit une progression de 11,6 % des revenus consolidés et une marge nette groupe visée entre 7,3 % et 7,8 %, conditionnée au redressement d’Azur Cosmétique et au démarrage des activités de la nouvelle filiale en Mauritanie.

