Phosphate : un plan à 2,7 milliards de dinars pour viser 9,4 Mt en 2035
Devant la Commission des finances et du budget du Conseil national des régions et des districts, réunie jeudi, les dirigeants de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du Groupe chimique tunisien (GCT) ont dressé un état des lieux sans complaisance du secteur minier et chimique, tout en dévoilant les contours d’une feuille de route destinée à relancer durablement la filière.
Selon les exposés des responsables, un vaste programme de développement est en cours de finalisation. Il prévoit d’amener la production de phosphate marchand à 9,4 millions de tonnes à l’horizon 2035, grâce à une enveloppe d’investissement estimée à 2,7 milliards de dinars. Ce chantier s’inscrit dans une logique de redressement progressif : la production devrait atteindre 4,5 millions de tonnes dès 2026, puis 5 millions en 2028.
Le PDG de la CPG et du GCT, Omar Bouzouada, a rappelé que plusieurs acteurs institutionnels sont mobilisés, sous l’égide de la Présidence du gouvernement, pour lever les verrous qui entravent l’exploitation et la valorisation du minerai. Parmi les handicaps récurrents figurent les goulets d’étranglement logistiques, la raréfaction des ressources en eau nécessaires au lavage du phosphate, ainsi que des contraintes financières structurelles.
Le GCT subit de son côté un recul de l’activité dans ses unités de transformation, des difficultés de trésorerie persistantes et un vieillissement préoccupant de certains équipements industriels.
Pour y remédier, les responsables ont mis l’accent sur un plan de restructuration articulé autour de trois axes prioritaires : la remise en état des installations, la sécurisation des approvisionnements en intrants, et l’accélération du projet stratégique « Mdhilla 2 ». Ils ont également insisté sur l’unification de la gouvernance entre la CPG et le GCT, présentée comme un levier majeur d’amélioration des performances globales du secteur.
À l’issue des échanges, la Commission parlementaire a préconisé l’adoption rapide de mesures d’urgence pour assainir les comptes des deux entreprises publiques, tout en appelant à la mise en œuvre d’une stratégie réaliste et soutenable pour la renaissance de la filière phosphate, colonne vertébrale de l’économie minière tunisienne.

