Amble One : le buggy électrique de luxe qui veut réinventer la mobilité hôtelière et urbaine
La jeune pousse portugaise Amble a levé le voile sur son premier véhicule, l’Amble One, un quadricycle électrique homologué pour la route, affiché à 20 000 euros. Derrière ce projet singulier, un quatuor d’anciens cadres d’Apple, Audi et Cowboy, qui a puisé son inspiration dans l’ingénierie spatiale pour concevoir un engin à la fois rustique et haut de gamme.
Avec un poids contenu sous la barre des 450 kg, une autonomie de 100 kilomètres et une vitesse maximale de 65 km/h, l’Amble One se positionne dans la catégorie européenne L7e. Son look évoque un hybride entre la célèbre Mini Moke et les buggies post-apocalyptiques de Mad Max. Les premières unités, destinées à des complexes hôteliers de prestige, devraient être livrées à partir de la mi-2027.
Un design épuré, hérité du rover lunaire de la NASA
Julian Hoenig, l’un des cofondateurs, a puisé son inspiration dans le rover lunaire LRV déployé par la NASA en 1971. Sur ce véhicule spatial, rien n’est masqué : châssis apparent, roues, plateforme – une transparence mécanique qu’il a reproduite sur l’Amble One. Batterie et moteur restent ainsi visibles, sans carrosserie venant les recouvrir. « Nous partons du châssis-plancher, puis nous ajoutons les finitions », explique-t-il dans les colonnes de Wired.
L’habitacle, ouvert et dépourvu de portières, est surmonté d’un pare-brise plat en hommage au Mercedes Classe G. Les matériaux – aluminium, cuir, coton et liège – ont été choisis pour leur capacité à vieillir sans se dégrader. La barre du tableau de bord, calibrée au diamètre des guidons de moto, permet de fixer n’importe quel accessoire cycliste sans outil. Les sièges arrière se rabattent à plat, et une version citadine proposera un coffre avant verrouillable en lieu et place du panier ouvert. Des vis orange, disséminées sur la structure, signalent les éléments démontables.
Un quatuor aux parcours prestigieux
Adrien Roose, cofondateur de la marque belge de vélos électriques premium Cowboy, a quitté l’entreprise pour lancer Amble. À ses côtés, Julian Hoenig a œuvré chez Audi sur les A4, R8 et Q3, avant de rejoindre Apple pour participer au développement de l’Apple Watch, du Vision Pro et du défunt projet automobile Project Titan. Michael Tropper a fondé l’agence créative londonienne forpeople (120 salariés), dont le portefeuille compte notamment InterContinental Hotels. Enfin, José António Uva, président d’Amble, a passé quatorze ans à restaurer le domaine São Lourenço do Barrocal, un estate de 780 hectares en Alentejo transformé en l’un des hôtels ruraux les plus réputés d’Europe.
Une homologation L7e et des performances calibrées
Pour satisfaire aux exigences de la catégorie L7e, Amble a dû maintenir son véhicule sous les 450 kg. « Réduire une voiture existante ne fonctionne pas », souligne Adrien Roose, PDG de la start-up. L’Amble One est animé par un moteur de 15 kW alimenté par une batterie lithium-ion de 12 kWh, offrant 100 km d’autonomie et un temps de recharge de 5 h 30 sur une prise domestique 220 V.
Une stratégie hôtelière avant l’ouverture au grand public
Douze établissements ont déjà passé des commandes fermes, représentant plus de 500 véhicules et un chiffre d’affaires engagé de plus de 10 millions d’euros. Parmi eux : l’Amangiri (Utah), le Six Senses Les Bordes (Loire), l’île privée de Mustique (Caraïbes) et le Na Praia à Comporta (Portugal). Les livraisons aux hôtels débuteront à la mi-2027, tandis que les particuliers, en Europe et aux États-Unis, peuvent précommander dès maintenant pour des livraisons prévues en 2028.
Amble prévoit déjà un second modèle, l’Amble Two, attendu en 2029, doté de portières amovibles, d’un toit rigide et d’un profil plus bas. Adrien Roose le conçoit comme un complément au véhicule principal d’un foyer, et non comme un remplaçant. « La plupart des familles n’ont pas besoin d’une deuxième Tesla ou BYD à 45 000 euros », estime-t-il.
Face à la Citroën Ami, limitée à 45 km/h et 75 km d’autonomie, Amble choisit de construire sa marque par le haut, via le secteur hôtelier de luxe, avant de conquérir les marchés urbains. La start-up a déjà convaincu des investisseurs de renom, tels que Peter Rive, cofondateur de SolarCity, et Joe Zadeh, ancien vice-président produit d’Airbnb.

