Culture et arts

« Matbaa » : l’amour d’un père face à la loi impitoyable du capitalisme

Intitulé « Matbaa » (L’imprimerie), le nouveau feuilleton dramatique diffusé sur El Wataniya1, promet une immersion sombre et poignante dans les entrailles d’un métier en déclin, portée par un casting de haute voltige.

Un casting d’exception pour une tragédie humaine

La force première de « Matbaa » réside incontestablement dans la réunion d’acteurs chevronnés qui apportent une profondeur rare à leurs personnages. Younes El Ferhi, dans le rôle de Najib, incarne avec une justesse bouleversante un père dont la vie est rythmée par l’odeur de l’encre et du papier depuis des décennies. Face à lui, Saoussen Maalej « Khawla » prête ses traits à une alliée inattendue, une femme marquée par les épreuves de la vie qui apporte ses compétences techniques à une entreprise désespérée.

Le talent de Yassmine Dimassi illumine également l’écran, ajoutant une sensibilité nécessaire à cette fresque familiale tourmentée. Enfin, la présence d’Abdelhamid Bouchnak, figure incontournable de la nouvelle scène artistique tunisienne, garantit une vision esthétique et narrative exigeante qui ne laisse personne indifférent.

Une intrigue haletante : entre survie et criminalité

L’histoire nous plonge dans le quotidien de Najib, un ouvrier d’imprimerie dévoué qui voit son monde s’effondrer : l’imprimerie historique « Enzo » est sur le point de fermer ses portes face à la crise et au capitalisme sauvage. Mais le drame personnel prend une tournure plus sombre lorsque son fils, Haider, se retrouve impliqué dans une affaire massive de chèques sans provision, risquant une peine de prison vertigineuse de 150 ans.

Pour sauver son fils, Najib, cet « artiste » de l’imprimerie, se voit proposer l’impensable : mettre son savoir-faire au service de la contrefaçon. C’est ce basculement d’un homme honnête vers l’illégalité par amour paternel qui constitue le cœur battant du récit.

Pourquoi « Matbaa » se distingue-t-il des autres feuilletons ?

Contrairement aux productions classiques de Ramadan souvent centrées sur des querelles familiales traditionnelles, « Matbaa » se distingue par plusieurs aspects fondamentaux :

Une atmosphère « Noir » unique  où l’imprimerie devient dans ce feuilleton un personnage à part entière plutôt qu’un simple décor. La mélancolie des machines qui s’essoufflent et l’obscurité des ateliers créent une ambiance de thriller social rarement vue. Un dilemme moral profond, dont la distinction majeure réside dans la thématique de la résistance.

Comme le dit « Najib », la résistance ne se fait pas seulement par les cris dans la rue, mais par des choix de vie cruciaux. Le passage de la création artistique à la falsification criminelle interroge la moralité du spectateur. Le scénario dresse une critique acerbe de la société actuelle, il ose dépeindre la brutalité du système financier, la disparition progressive des métiers artisanaux et la détresse d’une jeunesse prête à tout pour s’en sortir.

En mêlant émotion pure, suspense policier et réflexion sociétale, « Matbaa » s’impose comme le rendez-vous incontournable des téléspectateurs en quête d’une télévision de qualité sur El Wataniya 1. Un voyage au bout de l’encre que vous ne voudrez pas manquer.

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