Economie

Le zinc grimpe de 30 % en un an

Ce lundi 18 mai 2026, les prix du zinc ont poursuivi leur trajectoire ascendante, se maintenant solidement au-dessus des 3 500 dollars la tonne. Les contrats à terme évoluent autour de 3 552,10 dollars la tonne, un sommet inégalé depuis plus de trois ans.

Sur un an, le métal industriel enregistre une progression remarquable de plus de 30 % par rapport à la même période de l’exercice précédent.

Cette flambée des prix trouve sa principale explication dans une contraction de l’offre mondiale, dans un contexte de stocks extrêmement réduits au London Metal Exchange (LME), qui représentent l’équivalent de moins de quelques jours de consommation planétaire.

Surtout, le marché a été fragilisé par une succession d’incidents industriels. Au Pérou, la fonderie Cajamarquilla de Nexa Resources, l’une des plus imposantes d’Amérique latine, a dû interrompre temporairement ses activités après un incendie survenu dans ses installations. Au Kazakhstan, l’usine Kazzinc (Glencore) a diminué sa production à la suite d’une explosion, maintenant ainsi les prix à des niveaux élevés. Par ailleurs, la production minière est sous pression, entre fermetures et réductions de capacités dans plusieurs pays. La chute des « charges de traitement » confirme également une pénurie de concentré de zinc à destination des fonderies.

Un marché moins réactif aux chocs immédiats

Contrairement au pétrole, le zinc n’est pas directement touché par la guerre au Moyen-Orient, car il n’est pas produit dans cette région et ne dépend pas directement de ses flux commerciaux. Ainsi, au déclenchement des tensions, le marché n’a pas réagi immédiatement, et les cours sont restés globalement stables autour de 3 280 à 3 350 dollars la tonne, un niveau proche de celui observé avant la crise.

En revanche, l’effet s’est manifesté avec un certain décalage. Les tensions ont entraîné une hausse du prix de l’énergie (notamment du pétrole et du gaz), qui représente un coût important dans la production du zinc. Parallèlement, les perturbations logistiques et l’augmentation des coûts de transport ont renchéri l’acheminement des matières premières.

Les prix du zinc ont alors commencé progressivement à monter, atteignant 3 400 à 3 450 dollars la tonne, même si la demande industrielle n’a pas connu de changement majeur. Ce n’est donc pas la guerre elle-même qui fait directement monter le zinc, mais ses effets secondaires.

Il convient de rappeler que le zinc est principalement utilisé dans l’industrie de la galvanisation, qui consiste à recouvrir l’acier d’une fine couche protectrice pour le préserver de la corrosion. Ce procédé représente à lui seul plus de la moitié de la consommation mondiale du métal. Il est largement employé dans la construction (ponts, bâtiments, infrastructures), l’industrie automobile, les équipements industriels, ainsi que dans les réseaux électriques et les pipelines.

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