La collecte céréalière tunisienne dépasse les 11 millions de quintaux
La campagne céréalière 2026 touche à sa fin avec un volume de collecte avoisinant les 11 millions de quintaux, dominé très largement par le blé dur. L’Office des céréales prévoit en septembre une rencontre d’évaluation pour passer en revue les failles du dispositif et peaufiner les futures opérations.
Selon les données communiquées mardi 18 août par Salwa Ben Hadid, PDG de l’Office des céréales, lors d’une déclaration médiatique, les quantités engrangées depuis le début de la saison atteignent presque 11 millions de quintaux. Une journée de bilan, prévue en septembre, réunira l’ensemble des acteurs du secteur afin d’examiner les performances de la campagne, de pointer les éventuelles défaillances et d’arrêter les ajustements nécessaires pour les saisons à venir.
La collecte est marquée par la prépondérance du blé dur, qui représente environ 8 millions de quintaux, soit près de 75 % du total. Cette céréale, essentielle à la fabrication de la semoule, du couscous et des pâtes alimentaires, constitue le pilier de la récolte. En revanche, le blé tendre, destiné à la meunerie pour la production de farine, de pain et de viennoiseries, affiche un volume de 1,7 million de quintaux, pour des emblavures estimées à 49 000 hectares.
Contraste marqué pour l’orge
La campagne révèle par ailleurs une contre-performance pour l’orge, dont la production enregistre une chute de 42 %, d’après la responsable. Celle-ci a rappelé que la commercialisation de cette céréale reste libre, le prix officiel fixé par l’État ne jouant qu’un rôle de prix d’intervention. Les agriculteurs conservent donc la faculté d’écouler leur orge sur le marché au prix de leur choix ou de l’apporter dans les centres de collecte.
Semences : 680 000 quintaux collectés
Côté semences, les centres ont réceptionné environ 680 000 quintaux de semences brutes sélectionnées. Sur ce stock, quelque 500 000 quintaux devraient être proposés aux agriculteurs. L’Office a d’ores et déjà entamé l’enregistrement des commandes, et la distribution pourrait s’étaler jusqu’en décembre, en raison des capacités limitées des entreprises de traitement – plafonnées à 5 000 quintaux – et des étapes obligatoires de tri, de traitement et de certification effectuées au laboratoire central relevant du ministère de l’Agriculture. L’objectif affiché est de garantir les meilleures conditions pour les prochains semis, tout en cherchant à accroître à terme les capacités des unités de production de semences certifiées.
Une importation tournée vers le blé tendre
En ce qui concerne les approvisionnements extérieurs, Salwa Ben Hadid a précisé que la Tunisie importe principalement du blé tendre, en provenance notamment des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest. La stratégie nationale privilégie le renforcement de la production locale de blé dur, dont l’offre mondiale est structurellement plus restreinte que celle du blé tendre. Les besoins annuels du pays sont évalués à 12 millions de quintaux pour chacune des deux variétés de blé, auxquels s’ajoute une consommation mensuelle d’orge d’environ 750 000 quintaux.

