Ferrari dévoile la Luce à Rome : sa première électrique à plus de 550 000 €
La firme de Maranello a choisi la capitale italienne, le 25 mai, pour lever le voile sur le design extérieur définitif de la Luce. Ce modèle 100 % électrique, signé par les designers Jony Ive et Marc Newson, sera commercialisé à partir de 550 000 euros. Les premières livraisons interviendront en octobre 2026 en Italie.

Rome n’a pas été choisie au hasard : c’est précisément un 25 mai, en 1947, que Ferrari a décroché sa toute première victoire en compétition, aux Thermes de Caracalla. Soixante-dix-neuf ans plus tard, la Luce rompt radicalement avec l’ADN de la marque. Oubliez le V12 et le long capot sculpté. Place à une vaste verrière baptisée « glass house », qui s’abaisse sous la ligne de ceinture et épouse une silhouette en goutte d’eau. Deux ailes aérodynamiques flottantes, à l’avant et à l’arrière, encadrent cette bulle de verre.
1 113 chevaux et une sonorité artificielle
Jony Ive et Marc Newson – réunis au sein du studio LoveFrom, fondé en 2019 après leur départ d’Apple – ont conçu l’intégralité du véhicule, habitacle comme carrosserie. Ive a appliqué sa philosophie minimaliste héritée de l’iPhone et de l’iMac : aucune ligne superflue, des surfaces épurées, une forme guidée par la fonction. Le résultat ne ressemble ni à une Ferrari classique, ni à aucune électrique du marché. Sous la verrière, quatre moteurs synchrones à aimants permanents développent 1 113 chevaux (830 kW). La batterie de 122 kWh, fournie par le coréen SK On, assure environ 530 km d’autonomie WLTP. La charge rapide accepte 350 kW en courant continu. Ferrari a développé une plateforme dédiée en 880 volts, avec une répartition des masses de 47/53 entre les essieux.
La Luce propose cinq places, quatre portes antagonistes et un coffre de 597 litres. Soit davantage que le Purosangue (quatre places, portes classiques), ce qui la place sur un segment inédit pour la marque. Pour pallier l’absence de rugissement thermique, Ferrari a mis au point un système acoustique qui capte les vibrations de l’essieu arrière via un capteur dédié et les amplifie – à la manière d’une guitare électrique branchée sur son amplificateur.
Trois fois le prix d’un Taycan
À plus de 550 000 euros, la Luce vaut environ trois fois le prix d’une Porsche Taycan Turbo S (à partir de 218 000 euros) et se positionne au-dessus du Purosangue hybride V12 (environ 390 000 euros). Le message est clair : l’électrification ne rime pas avec descente de gamme. Porsche a revu à la baisse ses ambitions électriques après des ventes décevantes du Taycan en 2025. Lamborghini a reporté son premier modèle 100 % électrique à 2029. Bentley a même annoncé un retour partiel au thermique. Ferrari prend le contrepied en visant d’emblée l’électrique ultra-premium, sans passer par l’hybridation.
Les livraisons débuteront en Italie en octobre 2026, puis dans le reste de l’Europe au premier trimestre 2027. Côté français, le configurateur en ligne n’est pas encore accessible – reste à trouver 550 000 euros pour ce « sac à main de luxe sur quatre roues ».

