Déficit courant en forte hausse, facture énergétique record
La situation extérieure de la Tunisie reste sous pression au premier semestre 2026, malgré quelques éléments d’amélioration, selon une analyse de « Tema » fondée sur les dernières données disponibles. Le principal point de tension demeure le déficit courant, qui s’est établi à 4 241 milliards de dinars à fin juin 2026, contre 2 844 milliards de dinars un an auparavant. Il représente ainsi 2,3 % du PIB, contre 1,6 % au premier semestre 2025, selon les données de la Banque centrale de Tunisie (BCT).
Cette dégradation s’explique en grande partie par le poids de la facture énergétique. Celle-ci a atteint 8 502 milliards de dinars au cours des six premiers mois de l’année, constituant l’un des principaux facteurs de pression sur les comptes extérieurs. Hors énergie, le bilan courant demeure toutefois excédentaire, avec un solde positif de 2 538 milliards de dinars, ce qui traduit la contribution des autres composantes des échanges et des revenus extérieurs. Sur le plan commercial, les exportations ont progressé de 9 % au premier semestre, à 34 645 milliards de dinars. Mais cette amélioration a été dépassée par la hausse des importations, qui ont augmenté de 13,3 %, à 47 215 milliards de dinars
Le déficit commercial s’est ainsi creusé à 12 569 milliards de dinars. Autre élément à relever, le service de la dette extérieure a fortement diminué, passant à 4 233 milliards de dinars, contre 8 317 milliards un an auparavant. Cette baisse reflète notamment un calendrier de remboursements moins lourd qu’en 2025 et ne traduit pas nécessairement une amélioration structurelle de l’endettement extérieur. Du côté des réserves, les avoirs nets en devises restent à un niveau appréciable, mais leur couverture des importations demeure sous surveillance.
Après les importantes échéances extérieures du mois de juillet, elles s’établissaient à 23,4 milliards de dinars, soit 92 jours d’importation au 28 juillet. Pour «Tema», ces évolutions confirment ainsi une position extérieure qui reste sensible aux besoins énergétiques et au niveau des importations, malgré le soutien apporté par les recettes touristiques, les transferts des Tunisiens à l’étranger et le recul ponctuel du service de la dette.

