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BridgeTech : l’ambassade américaine offre une plateforme pour connecter les startups tunisiennes au marché US

L’ambassadeur des États-Unis à Tunis, Bill Bazzi, a officiellement remis lundi le 08 juin, la gestion de la plateforme « BridgeTech » à la Chambre de commerce américaine en Tunisie (AmCham). Cet outil numérique, financé par Washington, vise à mettre en relation les entreprises américaines avec un large réservoir de professionnels tunisiens qualifiés, des start-ups innovantes ainsi que des diplômés de l’université.

BridgeTech facilite non seulement le recrutement de talents, mais aussi l’identification de partenaires commerciaux et la détection de nouvelles opportunités de croissance. Placée sous la houlette de l’AmCham, la plateforme entend renforcer les liens entre les secteurs privés américain et tunisien, en favorisant l’émergence de partenariats économiques, technologiques et d’innovation mutuellement bénéfiques.

Lors d’une cérémonie de remise, le diplomate américain a qualifié l’initiative d’« excellente et prometteuse », soulignant qu’elle profite aussi bien aux jeunes diplômés, aux start-ups tunisiennes qu’aux entreprises états-uniennes. Selon lui, BridgeTech contribuera à améliorer l’employabilité et à constituer des viviers de talents tunisiens répondant aux besoins des firmes américaines dans l’économie numérique. Il s’agit également de garantir un accès à une main-d’œuvre qualifiée, adaptée aux exigences du marché, afin de soutenir la compétitivité et la croissance économique.

M. Bazzi a encouragé les entreprises américaines et les membres de l’AmCham à utiliser activement cette plateforme pour repérer des opportunités de recrutement, nouer des collaborations commerciales et développer des partenariats d’innovation avec les talents et start-ups tunisiens. L’ambassadeur estime que BridgeTech permettra aux deux pays d’approfondir leurs relations économiques et de créer de nouvelles perspectives de prospérité partagée.

De son côté, le président de l’AmCham, Marouane Ben Jemaa, a rappelé que les présidents Kaïs Saïed et Donald Trump plaident pour un renforcement des échanges commerciaux bilatéraux, un objectif que la Chambre soutient pleinement. Il a présenté la plateforme comme un pont entre les deux nations, lancée à l’initiative de l’ambassade américaine et du ministère tunisien des Affaires étrangères, afin de valoriser les compétences tunisiennes tout en partageant l’expertise américaine. Cela représente une réelle chance pour les jeunes et les start-ups tunisiennes souhaitant collaborer avec des entreprises des États-Unis.

Selon M. Ben Jemaa, les entreprises américaines étant constamment à la recherche d’expertises internationales, BridgeTech leur offrira une base de données rassemblant les talents tunisiens. Après le lancement, l’AmCham contactera les universités tunisiennes pour présenter leurs compétences et leurs idées de projets innovants, afin de les mettre en relation directe avec les entreprises américaines intéressées par le marché tunisien.

BridgeTech a été développée dans le cadre du projet « Promoting Innovation in the Startup Ecosystem » (PromISE), financé par les États-Unis à hauteur de 3,3 millions de dollars (environ 9,6 millions de dinars tunisiens), mis en œuvre par Deloitte Tunisie de 2019 à 2026. Grâce à PromISE, 15 start-ups tunisiennes ont participé à de grands sommets d’affaires américains, dont SelectUSA et le Consumer Electronics Show. Le projet a également aidé huit start-ups à déposer des brevets internationaux, permis à six d’entre elles de s’étendre vers de nouveaux pays et marchés, et amélioré l’accès au financement pour 110 start-ups.

Parmi les réussites, une start-up spécialisée dans l’aquaculture pilotée par l’intelligence artificielle établit des relations avec des partenaires américains et négocie le déploiement de sa technologie dans les Caraïbes, tandis qu’une start-up du secteur de la santé se développe activement aux États-Unis et s’implante en Californie après sa participation à SelectUSA.

Interrogée par la TAP, Inasaf Ayari, fondatrice de la start-up « Food for Futur », a expliqué que son entreprise, créée en 2020, a mis au point une machine connectée et intelligente (SPIRAW) permettant de cultiver et récolter de la spiruline à domicile. Selon elle, cette machine vise à démocratiser la culture de microalgues comme alternative alimentaire durable pour relever les défis de la sécurité et de l’autosuffisance alimentaires. « Nous avons commencé par la spiruline, un aliment très riche en protéines, fer, vitamines et antioxydants », a-t-elle précisé, ajoutant que l’objectif est d’accéder au marché nord-américain, premier marché consommateur de cette microalgue. Sa start-up a participé au projet PromISE, bénéficiant d’un programme d’accès au marché et d’un échange pour découvrir le marché américain sur place. Grâce à la plateforme BridgeTech, Food for Futur a recruté deux ingénieurs tunisiens.

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