Culture et arts

Après 6 ans de silence: Le Tabarka Jazz Festival célèbre sa 20e édition

Le compte à rebours est officiellement lancé. Du 3 au 9 juillet 2026, la petite ville côtière du nord-ouest tunisien va vibrer de nouveau au rythme du Tabarka Jazz Festival, qui signe son grand retour après six années de silence. Cette édition anniversaire, la vingtième, investira le mythique Théâtre de la Mer pour sept soirées d’exception, avec une affiche alléchante mêlant jazz, soul, afrobeat, raï et musiques du monde.

Fidèle à son ADN métissé, le rendez-vous tabarkois fait dialoguer les héritages et les audaces contemporaines, dans un écrin naturel unique ouvert sur la Méditerranée. Au programme : des pointures internationales venues d’Amérique, d’Europe, du Moyen-Orient et du Maghreb, mais aussi une place généreuse faite à la jeune scène tunisienne.

Le coup d’envoi sera donné le 3 juillet par le pianiste cubain Alfredo Rodriguez, nommé aux Grammy Awards et reconnu pour son jazz nourri de rythmes afro-cubains et de couleurs classiques. Une entrée en matière qui s’annonce éclatante.

Dès le lendemain, la scène accueillera Liz McComb, figure majeure du gospel et du jazz américain. Treize ans après son dernier concert à Tabarka, la chanteuse renouera avec le public tunisien dans un climat d’émotion et de complicité.

Métissages, créations et légendes vivantes

Le 5 juillet sera placé sous le signe des racines et du brassage avec « Osool » (Origines), une création inédite réunissant le saxophoniste tunisien Yacine Boularès et l’Algérien Sofiane Saïdi, souvent qualifié de « Prince du raï 2.0 ». Jazz, sonorités électroniques et musiques nord-africaines se croiseront dans cette rencontre vibrante.

Le lendemain, le pianiste et compositeur libano-américain Tarek Yamani proposera son univers singulier, où le jazz afro-américain converse avec la musique arabe classique – tarab, mouachahats – et les rythmes traditionnels du Golfe (khaliji). Une exploration novatrice des ponts entre Orient et Occident.

La soirée du 7 juillet sera portée par la légendaire Dee Dee Bridgewater, qui présentera « We Exist! », son nouveau projet féministe et intergénérationnel porté par un quartet 100 % féminin. Une création engagée et festive, qui rappellera son passage mémorable en 2017 sur la basilique de Tabarka.

Un final en apothéose entre Londoniens et voix américaines

Le 8 juillet, place à l’énergie contagieuse du collectif londonien KOKOROKO, mené par la trompettiste Sheila Maurice-Grey. Le groupe, vedette montante de la scène britannique, y mêle jazz, afrobeat, highlife et soul avec une irrésistible fougue.

Pour le clap de fin, le 9 juillet, deux artistes américaines aux univers singuliers partageront l’affiche : Veronica Swift, étoile montante du jazz et du bebop, et AkuaNaru, rappeuse, poétesse et productrice alliant engagement et élégance musicale.

Côté organisation, le Théâtre de l’Opéra de Tunis a d’ores et déjà lancé un appel à candidatures pour recruter un accordeur professionnel, chargé d’accorder quotidiennement les deux pianos tout au long du festival. Gage de qualité pour une édition qui se veut à la hauteur de son héritage.

Enfin, cette édition anniversaire mettra à l’honneur les nouveaux talents tunisiens via le tremplin Jazz’it, dédié aux jeunes pousses du jazz et aux tendances émergentes.

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