Agri Mer AI : l’IA au chevet de l’agriculture et de la pêche
Face à l’aggravation des défis climatiques, une jeune pousse technologique tunisienne propose d’épauler deux secteurs clés de l’économie nationale : l’agriculture et la pêche. Adib Boufahja, étudiant en technologies de l’information et de la communication à l’ISSAT de Mateur et fondateur de la plateforme AgriMer AI, a détaillé pour L’Écho Tunisien le concept de la première plateforme environnementale tunisienne qui utilise l’intelligence artificielle pour accompagner les secteurs agricole et maritime. L’idée a germé il y a environ six mois, au sein même de l’université.
Le véritable déclic a eu lieu lors d’une collaboration entre Adib et l’Association de Solidarité Civile Tunisie, autour d’un documentaire consacré à la pénurie d’eau en Tunisie. En allant à la rencontre des pêcheurs et agriculteurs, le jeune étudiant a constaté un « manque criant d’informations scientifiques » C’est précisément pour combler ce fossé qu’AgriMer AI est née.
Un outil de précision couvrant les 24 gouvernorats
L’ensemble du territoire tunisien, à travers ses 24 gouvernorats, est intégré à la plateforme. En sélectionnant sa région, l’utilisateur consulte instantanément des données actualisées : prévisions météorologiques, indices de qualité de l’air et conditions maritimes.
Pour l’agriculteur : chaque goutte d’eau compte
Le volet agricole fournit des conseils intelligents destinés à guider les pratiques quotidiennes :
- Irrigation raisonnée : la plateforme indique le moment le plus propice pour arroser (par exemple, entre 8 h 00 et 9 h 30, hors des pics de chaleur), afin de réaliser des économies d’eau.
- Cultures adaptées : elle suggère les semis les plus appropriés (tomates, piments, concombres, aubergines, etc.).
- Vigilance phytosanitaire : elle alerte sur les ravageurs en activité, tels que criquets ou termites (fourmis blanches).
- Carte interactive : l’agriculteur dispose de données précises sur l’humidité et la température du sol, ainsi que de prévisions de pluie exprimées en pourcentage, pour décider en connaissance de cause s’il doit irriguer immédiatement ou reporter.
Pour les pêcheurs : vers une pêche responsable
La plateforme vise ainsi à endiguer la pêche anarchique, fléau qui menace la biodiversité marine.
- Sécurité en mer : la plateforme délivre des recommandations fondées sur la vitesse du vent (seuil de 30 km/h) et la hauteur des vagues (limite de 1,5 m), afin d’indiquer s’il est prudent de prendre la mer.
- Protection des espèces : elle sensibilise les pêcheurs aux espèces à ne pas capturer pendant certaines périodes – c’est le cas du poulpe actuellement – pour ne pas épuiser les ressources.
- Technologie embarquée : grâce à une carte interactive et au GPS, le pêcheur peut localiser son embarcation et connaître la probabilité de présence de poissons dans sa zone.
L’Agent IA : un conseiller disponible 24 heures sur 24
L’Agent IA trône au cœur du système. Cet assistant virtuel spécialisé dans l’environnement ne se contente pas de livrer des données : il dialogue, conseille, résout des problèmes concrets et vulgarise les causes scientifiques des phénomènes observés.
Une technologie accessible à tous
Interrogé sur l’accessibilité de cet outil numérique auprès des agriculteurs, souvent éloignés du high-tech, Adib Boufahja se veut rassurant : « En 2026, presque tout le monde possède un smartphone ». La plateforme a été pensée pour une simplicité maximale : pas de navigation alambiquée, pas de fenêtres inutiles. Il suffit de taper « AgriMer AI » sur Google pour accéder, sans aucune compétence technique, à l’information essentielle.
Ainsi, AgriMer AI joue le rôle de trait d’union entre données scientifiques et savoir-faire ancestraux, pour une gestion plus respectueuse des richesses naturelles tunisiennes.

