Pétrole : le Brent franchit les 106 dollars
Les cours du pétrole ont poursuivi leur hausse, jeudi 24 septembre 2026, après un bond d’environ 4 % lors de la séance précédente. Le Brent a dépassé les 106 dollars le baril, alors que les discussions entre Washington et Téhéran restent sans avancée concrète.
En séance, le Brent a grimpé de 3,3 %, à 106,50 dollars le baril, touchant son plus haut niveau du jour, avant de se stabiliser autour de 105,38 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 2,7 %, à 94,63 dollars. Plus tôt, vers 6 h 30 GMT, le Brent avait déjà gagné 0,4 %, à 103,51 dollars, avant d’accélérer.
Diplomatie bloquée
Cette nouvelle poussée intervient alors que les discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran ne montrent encore aucun progrès concret susceptible de rassurer durablement les marchés. L’Iran a toutefois indiqué rester ouvert à la diplomatie pour mettre fin à la guerre, tandis que les deux parties restent éloignées quant aux conditions d’un accord.
Téhéran examine en effet les propositions américaines portant sur la levée du blocus naval des ports iraniens et la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations pétrolières du Golfe. Le chef de la sécurité iranienne, Mohsen Rezaei, a néanmoins déclaré que le détroit ne serait pas rouvert tant que les conditions de l’Iran ne seraient pas satisfaites.
Des flux pétroliers toujours perturbés
La situation sur le marché physique du pétrole demeure perturbée. Selon Priyanka Sachdeva, responsable des études de marché chez Phillip Nova, le Brent conserve une prime géopolitique et maritime plus importante, les approvisionnements internationaux étant directement exposés aux perturbations au Moyen-Orient et dans le détroit d’Ormuz. Le WTI bénéficie davantage du caractère relativement moins exposé des approvisionnements américains.
La reprise partielle des flux dans la région apporte néanmoins un certain soulagement. L’Arabie saoudite a redémarré cette semaine son oléoduc Est-Ouest, après sa fermeture à la suite d’attaques de drones. Cette infrastructure permet normalement d’acheminer environ 4 millions de barils par jour vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, en contournant le détroit d’Ormuz. La reprise s’effectue toutefois à faible débit et un retour à pleine capacité pourrait prendre plusieurs semaines.
Parallèlement, les producteurs du Golfe ont davantage recours au transport maritime et aux transferts de cargaisons pour maintenir les exportations malgré les difficultés rencontrées sur les principales routes. Ces solutions permettent de limiter l’ampleur des ruptures d’approvisionnement, mais elles augmentent également le coût du transport pétrolier.
Le marché suspendu aux prochaines annonces
Le marché reste ainsi suspendu à l’évolution des flux physiques dans le Golfe et aux prochaines étapes des discussions entre les États-Unis et l’Iran. Tant que la circulation du pétrole dans le détroit d’Ormuz ne sera pas revenue à des niveaux plus réguliers et que les infrastructures alternatives n’auront pas retrouvé leur pleine capacité, les cours devraient rester particulièrement sensibles aux annonces géopolitiques.

