Economie

China Baowu planche sur la renaissance du site sidérurgique algérien

Le gouvernement algérien mise sur une alliance industrielle avec le géant chinois China Baowu Steel Group pour redonner vie au site d’El Hadjar, à l’arrêt quasi complet depuis plusieurs mois.

Après des années de production hachée et d’incidents techniques à répétition, le complexe sidérurgique d’El Hadjar, situé près d’Annaba, s’apprête à bénéficier d’une nouvelle dynamique. Le mastodonte chinois de l’acier, China Baowu Steel Group, est en effet pressenti pour accompagner la modernisation et la relance du site, selon les informations recueillies.

Des échanges approfondis ont eu lieu entre les autorités algériennes et une délégation du groupe chinois les 10 et 12 août 2026 au ministère de l’Industrie. Le ministre Yahia Bachir a personnellement supervisé ces rencontres, qui ont abouti à l’établissement d’un programme de travail détaillé. Ce dernier prévoit notamment des réunions techniques, une visite approfondie des installations d’El Hadjar et des consultations avec les ministères des Mines, de l’Énergie et des Hydrocarbures, ainsi qu’avec les différents acteurs institutionnels et économiques concernés par ce projet d’envergure.

Une coopération industrielle, pas une cession

Contrairement à certaines rumeurs, China Baowu ne devrait pas, dans l’immédiat, procéder au rachat du complexe. Le modèle envisagé s’articule autour d’une coopération industrielle dont les contours restent à préciser. Les discussions actuelles portent sur plusieurs volets stratégiques : la remise à niveau des équipements et des capacités productives, le transfert de technologies et d’expertise, la digitalisation des processus, ainsi que l’émergence de nouvelles lignes de production orientées vers des produits sidérurgiques à plus forte valeur ajoutée.

China Baowu s’est engagé à remettre, avant la fin septembre 2026, trois documents clés : la conception technologique définitive du projet, un projet de mémorandum d’entente (MoU) sur les modalités du partenariat, et une feuille de route précise pour le déploiement opérationnel.

Un site stratégique mais exsangue

Le complexe d’El Hadjar, qui s’étend sur plus de 800 hectares, dispose pourtant d’atouts indéniables : une filière intégrée complète, de la préparation du minerai au laminage des produits plats et longs, sans oublier des infrastructures portuaires et ferroviaires propres au site, facilitant l’approvisionnement et l’expédition.

Mais ces avantages logistiques n’ont pas suffi à préserver l’outil de production des défaillances récurrentes. En juillet 2025, le haut-fourneau n°2 avait été contraint à l’arrêt suite à une rupture de stock de coke, un problème déjà survenu quelques mois plus tôt. Ces interruptions, si elles révèlent des difficultés d’approvisionnement, mettent surtout en lumière des fragilités structurelles plus profondes : vétusté de certains équipements, insuffisances en matière de maintenance et pénuries chroniques d’intrants essentiels au bon fonctionnement de la chaîne.

En octobre 2025, un incendie a par ailleurs paralysé l’unité de production des produits plats, alors la seule à fonctionner encore régulièrement. Ce sinistre a entraîné un arrêt quasi total de cette ligne, tandis que le haut-fourneau et d’autres installations étaient déjà hors service depuis plusieurs mois.

L’ambition affichée par le gouvernement algérien ne se limite donc pas à une simple remise en route du site. Il s’agit de transformer en profondeur cet outil industriel stratégique pour lui permettre de renouer avec une production stable et compétitive, tout en intégrant les technologies bas carbone qui dessinent l’avenir de la sidérurgie mondiale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *