La première Ferrari 100 % électrique s’offre un record historique à Monterey : 40 M$
Le constructeur au cheval cabré vient de signer un coup de maître retentissant. Alors que la première Ferrari 100% électrique essuyait un torrent de critiques lors de son dévoilement, son tout premier exemplaire vient de s’adjuger pour la somme vertigineuse de 40 millions de dollars lors de la Monterey Car Week. Une revanche éclatante pour la Luce, qui entre désormais dans l’histoire automobile.
Un accueil pour le moins glacial
Il y a encore quelques semaines, la Ferrari Luce faisait davantage la une des médias pour les polémiques qu’elle suscitait que pour ses promesses technologiques. Le design, jugé trop audacieux et bien trop éloigné des canons esthétiques qui ont fait la légende de la marque, avait divisé les puristes. L’irruption de la motorisation électrique dans un univers encore viscéralement attaché au rugissement des V12 thermiques n’arrangeait rien à l’affaire. Les passionnés les plus conservateurs n’avaient pas caché leur scepticisme, allant jusqu’à faire reculer temporairement l’action Ferrari d’environ 6%.
Un envol à 40 millions de dollars
Pourtant, c’est à Monterey, en Californie, que la donne a spectaculairement changé. Lors de la prestigieuse Monterey Car Week, la maison de ventes RM Sotheby’s a proposé aux enchères le premier exemplaire de la Luce, baptisé « Châssis 0 ». Estimé initialement à 1,1 million de dollars, ce modèle unique a finalement atteint des sommets : 40 millions de dollars.
Ce prix astronomique s’explique par le caractère exceptionnel de ce véhicule. Il ne s’agit pas d’un modèle de série, mais d’une pièce unique préparée par le département Tailor Made de Ferrari en collaboration avec son centre de design. Au-delà de son exclusivité, c’est sa dimension historique qui a fait flamber les enchères : il incarne le tout premier exemplaire jamais produit de cette nouvelle génération électrique.
Un record pour une voiture neuve
Ce montant de 40 millions de dollars permet à Ferrari de s’emparer d’un nouveau record : celui de la voiture neuve la plus chère jamais vendue aux enchères. Le précédent record était détenu par une Ferrari Daytona SP3 personnalisée, qui s’était arrachée à 26 millions de dollars l’an dernier. Une progression fulgurante qui témoigne de l’appétit insatiable des collectionneurs pour les pièces d’exception signées du cheval cabré.
Précisons que cette vente revêt une dimension caritative : l’intégralité des fonds sera reversée à la Fondation Ferrari pour financer des initiatives éducatives à travers le monde. Le futur propriétaire, dont l’identité n’a pas été divulguée, devra quant à lui patienter jusqu’au début de l’année 2027 pour prendre livraison de son bolide.
Un succès commercial incontestable
Si les critiques avaient pu laisser présager un échec, la réalité du marché semble donner tort aux détracteurs. Les 500 exemplaires prévus pour 2026 ont déjà trouvé preneur, transformant en quelques semaines ce qui s’annonçait comme un bide programmé en véritable triomphe commercial.
Proposée à partir d’environ 550 000 euros, la Ferrari Luce s’adresse certes à une clientèle ultra-privilégiée. Mais ce positionnement premium n’a visiblement pas refroidi les acheteurs, bien au contraire. La vente record de Monterey apporte une conclusion pour le moins savoureuse à ce premier chapitre de l’histoire de la Luce : la Ferrari électrique que certains jugeaient trop éloignée de l’ADN de la marque vient de devenir la voiture neuve la plus chère jamais vendue aux enchères.
Une ironie de l’histoire qui rappelle, s’il en était encore besoin, que le cheval cabré a plus d’un tour dans son sac pour surprendre ses observateurs les plus sceptiques.

