Economie

Pétrole: le Brent s’approche des 90 dollars, porté par les craintes géopolitiques 

Les prix du brut ont entamé une nouvelle progression ce mercredi, dans un climat de nervosité persistante sur les marchés financiers mondiaux. Si les Bourses asiatiques affichaient pour la plupart une tendance positive, Wall Street a continué de corriger à la baisse, s’éloignant des sommets historiques touchés en fin de semaine dernière. Les opérateurs restent en attente des prochaines statistiques sur l’inflation américaine, tout en guettant d’éventuelles avancées diplomatiques dans le dossier iranien.

Vers le début de séance, le Brent de la mer du Nord s’adjugeait 0,9 %, s’établissant à 89,67 dollars le baril. Son homologue américain, le WTI, suivait la même dynamique avec une progression de 0,9 %, à 83,98 dollars. Du côté des métaux précieux, l’once d’or grimpait de 0,8 % pour atteindre 4 400,44 dollars, tandis que l’argent s’appréciait de 1 %, à 65,30 dollars l’once. Ces évolutions traduisent une soif d’actifs réputés sûrs dans un environnement économique et géopolitique toujours aussi trouble.

Le dossier iranien demeure l’épicentre des inquiétudes. Téhéran a opposé une fin de non-recevoir aux récentes déclarations du président Donald Trump, qui évoquait des compensations exigées par Washington dans l’hypothèse où l’Iran maintiendrait ses propres demandes d’indemnisation dans le cadre de négociations pour sortir du conflit. Les frappes menées fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran avaient déjà entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, artère vitale pour les flux pétroliers mondiaux, provoquant des à-coups spectaculaires sur les cours. Rien que sur le mois écoulé, le Brent a oscillé entre 72 et 102 dollars, signe d’une volatilité hors norme.

Les tensions maritimes se sont encore ravivées avec une attaque attribuée aux rebelles houthis, soutenus par Téhéran, contre un navire dans le détroit de Bab el-Mandeb, au large du Yémen. Cet incident renforce les craintes d’une extension du conflit et de nouvelles perturbations sur les voies commerciales stratégiques.

Cette flambée du pétrole se répercute directement à la pompe aux États-Unis. Le prix moyen du gallon d’essence ordinaire atteint désormais 4,01 dollars, contre moins de 3,14 dollars un an plus tôt, selon l’association AAA. Dans ce contexte, tous les regards se tournent vers la publication des chiffres de l’inflation américaine prévue dans la journée. Les économistes tablent sur un ralentissement à 3,4 % sur un an en juillet, après 3,5 % en juin. Une accalmie des prix serait de nature à alléger la pression sur la Réserve fédérale, tandis qu’une inflation plus tenace l’inciterait à maintenir sa politique restrictive.

À Wall Street, le repli s’est confirmé mardi : le S&P 500 a cédé 0,3 %, sa deuxième baisse modérée depuis son record de vendredi. Le Dow Jones a reculé de 0,3 % (184 points) et le Nasdaq de 0,6 %. Les taux d’intérêt restent un sujet d’anxiété : s’ils contribuent à freiner l’inflation, ils renchérissent le crédit pour les ménages et les entreprises, et pèsent sur les valorisations boursières. Depuis le début du conflit avec l’Iran, les rendements des obligations du Trésor américain ont sensiblement augmenté, sous l’effet conjugué de la hausse du brut et des craintes inflationnistes, ce qui a notamment propulsé les taux des emprunts immobiliers longs à leur plus haut niveau depuis un an.

En Asie, la séance a été plus contrastée. Tokyo a vu son Nikkei 225 progresser de 0,6 % à 67 334,94 points, tandis que Séoul s’est distinguée avec un bond de plus de 4 % pour le Kospi, porté par un rush sur les semi-conducteurs : Samsung Electronics s’est envolé de 7,7 % et SK Hynix de 7,1 %. Taïwan a gagné 0,8 %. En Chine, le Shanghai Composite a pris 0,3 % à 3 946,51 points, mais Hong Kong a cédé 1,2 %, son Hang Seng terminant à 25 352,13 points. L’Australie a également reculé, le S&P/ASX 200 perdant 0,6 % à 9 197,00 points.

Sur le marché des changes, le dollar s’est très légèrement renforcé face au yen, à 159,41 yens contre 159,30 précédemment, tandis que l’euro a fléchi à 1,1535 dollar (contre 1,1544). Désormais, l’attention des investisseurs se concentrera sur les données d’inflation américaines, qui pourraient dessiner la trajectoire monétaire de la Fed pour les mois à venir et, par ricochet, orienter la tendance des marchés mondiaux.

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