La Chine a-t-elle réussi à graver sa future puce 2 nm en cachette d’ASML ?
Depuis que Pékin a confirmé sa capacité à graver des puces en gravure 7 nm, un cap technologique majeur a été franchi. Mais pour aller au-delà, la barrière reste infranchissable sans les machines à ultraviolets extrêmes (EUV) du néerlandais ASML, les seules à permettre des finesses de gravure inférieures, comme le 2 nm utilisé par le taïwanais TSMC. Or, ces équipements sont strictement interdits d’exportation vers la Chine en raison des restrictions américaines. Pourtant, selon des sources proches du dossier, Pékin pourrait avoir trouvé une faille dans ce dispositif.
Les États-Unis nourrissent désormais de sérieux soupçons : une machine EUV aurait pu arriver en Chine malgré l’embargo. C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre le secrétaire au Commerce américain, Howard Lutnick, lors d’une réunion avec les dirigeants d’ASML, en exprimant ses inquiétudes face à cette éventualité.
De son côté, le géant néerlandais rejette fermement ces allégations. Interrogé par Reuters, ASML a assuré n’avoir jamais livré une telle machine à la Chine, ni même aucun composant ou module dédié spécifiquement à ces équipements. Une position claire, d’autant que ces machines sont tout sauf discrètes : elles pèsent près de 180 tonnes, occupent l’espace d’un bus et valent plusieurs centaines de millions de dollars, ce qui rend tout transfert clandestin difficile à envisager.
Reste que l’ombre d’un contournement plane, alors que la Chine, qui semblait avoir enterré l’espoir d’accéder à cette technologie, explore avec Huawei des voies alternatives pour produire des semiconducteurs toujours plus avancés. L’affaire, suivie de près par Bloomberg, pourrait bien relancer les tensions technologiques entre Washington et Pékin.

