Couscous, méchoui et mchalwat : le banquet royal du Cap Bon
À l’approche de l’Aïd al-Adha, les effluves envoûtants qui s’échappent des cuisines annoncent la fête. Dans les foyers nabeuliens, les fourneaux s’activent pour honorer une tradition séculaire. Le fameux méchoui, le royal couscous au dawara et le Mchalwat nabeulien, piliers intemporels de la gastronomie locale, transforment le déjeuner de l’Aïd en un véritable banquet digne des plus grandes tables.
Mchalwat : quand Nabeul confit sa viande aux senteurs d’agrumes
Nabeul se distingue par une autre spécialité souvent associée à ces festivités : le Mchalwat (ou mcharwat). Cette pépite de l’orfèvrerie culinaire régionale consiste en une viande d’agneau ou de bovine confite, sublimée par une sauce aux épices et, touche typique du Cap Bon, à l’eau de fleur d’oranger. Ce mélange terre-mer apporte une finesse aromatique qui équilibre la richesse des plats de fête.
Dawara : le couscous aux tripes que la fleur d’oranger sublime
Chaque région se distingue par ses épices, mais ce plat tire surtout sa richesse des tripes d’agneau et des légumes. Sa préparation en elle-même est simple, mais le nettoyage des tripes demande du temps et de la patience. Pourtant, le résultat est un plat qui en vaut largement la peine.
On peut le cuisiner avec des pois chiches et l’enrichir d’une multitude de légumes : courgettes, carottes, pommes de terre, poirée, persil, épinards, aneth, oignions et les épices. Côté bienfaits, les abats sont très riches en vitamines B, en fer, en zinc et en acide folique. Ils constituent une excellente source de vitamines et de protéines pour notre santé.
La particularité du dawara à Nabeul réside dans les quelques gouttes d’eau de fleur d’oranger ajoutées à la sauce du couscous, qui lui confèrent un goût irrésistible, d’une bonté inoubliable.
Smid & Tabouna : deux pains, une âme, pour l’Aïd
Sa préparation est un exercice de patience, la poudre de corète doit mijoter sur un feu doux pendant plus de huit heures, souvent commencée dès la veille de l’Aïd. Riche en calcium, elle est servie avec le « Khobz Smid », ce pain de semoule maison ou acheté à l’aube chez le boulanger du quartier, dont la mie dense n’est parfaite pour napper cette sauce onctueuse. On retrouve également le Tabouna, le pain traditionnel cuit dans le tabouna aarbi, un four en argile typique. Dans chaque maison, on le prépare pour accompagner les repas de l’Aïd.
Méchoui : le seul plat que toute la Tunisie fait pareil
En Tunisie, seul le célèbre méchoui échappe aux variations régionales : partout, sa préparation reste fidèle à une unique et même tradition.

