Oued El Guelta : 411 500 dinars pour un rempart contre la dégradation des sols (Vidéos)
Dans le gouvernorat de Monastir, là où l’azur méditerranéen borde une plaine agricole de plus de 86 000 hectares, la terre livre une bataille acharnée contre les éléments. Entre sécheresses chroniques et précipitations d’une rare intensité, à l’image des épisodes diluviens enregistrés en janvier dernier, la Tunisie tente d’adapter ses territoires à un climat devenu erratique. Face à un climat devenu erratique, oscillant entre des sécheresses endémiques, le ministère de l’Agriculture accélère le déploiement de son arsenal de résilience à travers la Direction Générale de l’Aménagement et de la Conservation des Terres Agricoles (DG ACTA).
Selon Hajer Khlifa, cheffe du département de la protection des eaux et des sols à la DG ACTA, cette démarche s’inscrit dans le cadre élargi de la stratégie nationale de préservation des ressources naturelles. « Notre objectif est triple, explique-t-elle : lutter contre l’érosion des sols, sécuriser les infrastructures et les zones résidentielles face au risque d’inondations, et favoriser la recharge des nappes phréatiques par la mobilisation des eaux pluviales, un enjeu devenu crucial dans le contexte du changement climatique ».
Pour concrétiser ces ambitions sur le terrain, la DG ACTA mobilise un ensemble de techniques d’intervention. Parmi les outils privilégiés figurent notamment les banquettes de rétention, un aménagement antiérosif clé permettant de freiner le ruissellement et de favoriser l’infiltration de l’eau dans les zones les plus vulnérables. C’est précisément ce type d’intervention qui a été déployé à Ouerdanine, où un projet d’envergure vient d’être finalisé.

Au cœur de cette délégation, véritable nœud de transit entre le littoral et l’intérieur du pays, les travaux achevés fin 2025 pour un montant dépassant les 270 000 dinars illustrent cette stratégie. Cette véritable « chirurgie paysagère » repose sur des techniques mécaniques de pointe : l’édification de terrasses et la pratique du labour profond. Ces aménagements visent à briser l’énergie cinétique du ruissellement pour endiguer l’érosion, favoriser l’infiltration afin de recharger des nappes phréatiques exsangues, et sécuriser les infrastructures civiles contre les crues dévastatrices.
Au-delà de la protection, ces travaux poursuivent un objectif de réhabilitation productive. Ils permettent en effet de réintégrer dans le cycle agricole des terres autrefois jugées inexploitables en raison de leur déclivité, offrant ainsi de nouvelles perspectives aux agriculteurs locaux.
Dans la même optique, le projet du bassin versant de l’oued El Guelta, doté d’une enveloppe de 411 500 dinars, vient renforcer ce rempart contre la dégradation pédologique. Preuve, s’il en faut, que face au chaos climatique, l’ingénierie rurale s’impose comme un vecteur essentiel de la souveraineté alimentaire.
Cette visite journalistique, effectuée par le site L’Écho Tunisien, s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui aux Médias Tunisiens (PAMT 2), qui vise à former les journalistes tunisiens au journalisme environnemental afin de répondre aux grands défis liés au changement climatique en Tunisie. Le programme prévoit le renforcement des compétences des journalistes pour traiter les questions environnementales de manière approfondie et scientifique, en alliant expertise technique et utilisation des techniques modernes de data journalisme.
Réalisée en collaboration avec le Projet d’Appui à la Gouvernance Environnementale et Climatique pour la Transition Écologique en Tunisie (PAGECTE), mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) en partenariat avec le ministère de l’Environnement, cette initiative vise à renforcer la gouvernance environnementale et climatique dans le pays. Cofinancée par l’Union européenne (UE) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), elle s’inscrit dans le cadre du programme « Une Tunisie verte et durable » de l’Union européenne.

