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Saïed fixe les priorités sociales du développement 2026-2030

Le Président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, mardi le 10 mars après-midi au Palais de Carthage, une réunion de travail élargie consacrée aux grandes orientations du prochain Plan de développement (2026-2030). Étaient présentes à ses côtés la Cheffe du Gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, et le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh.

Selon les informations rapportées par la Présidence, cette rencontre a permis de passer en revue l’avant-projet de ce plan stratégique. Le chef de l’État a tenu à insister sur la philosophie qui doit sous-tendre ce nouveau schéma directeur : il ne s’agira plus d’un document technocratique descendant, mais d’une construction populaire ascendante. Grâce à la nouvelle architecture institutionnelle issue des élections locales (conseils locaux, régionaux, puis national), le plan doit devenir la synthèse des aspirations citoyennes, rompant ainsi avec les anciennes méthodes jugées trop verticales.

Remettre l’État au cœur du service public

Au cours de cette audience, le Président Saïed a longuement évoqué la mission fondamentale de l’État dans les secteurs sociaux. Éducation, santé, transports et logement décent ont été cités comme des piliers ayant souffert de négligences, voire de « maltraitances » institutionnelles. Il a dénoncé avec vigueur ce qu’il considère comme un phénomène de dévalorisation délibérée du patrimoine public, évoquant des cas de corruption ayant conduit à la dégradation d’entreprises et d’établissements publics, parfois dans le but de les céder à bas prix.

Travail digne et juste répartition des richesses

Le droit au travail, consacré par la Constitution, a également été au cœur des discussions. Le Président a réaffirmé la détermination des pouvoirs publics à garantir un emploi dans des conditions décentes et avec une rémunération équitable, en dépit du contexte difficile.

Abordant la question épineuse de la justice sociale, Kaïs Saïed a martelé que l’objectif ultime reste la répartition équitable des richesses nationales. Il a estimé que la Tunisie possède toutes les ressources nécessaires pour y parvenir, critiquant implicitement les choix économiques antérieurs. Ces derniers auraient été, selon lui, entachés soit par l’injustice sociale, soit par l’application de directives extérieures.

Le chef de l’État a mis en garde contre une vision trop abstraite de la politique économique. Si les indicateurs chiffrés et les taux ont leur importance, a-t-il concédé, leur véritable valeur réside dans leur traduction tangible dans le quotidien des Tunisiens, dans toutes les régions. « Il ne faut pas que ces chiffres restent de simples données lues lors de conférences ou au journal télévisé », a-t-il conclu, appelant à une politique de développement dont les effets doivent être « ressentis » par la population.

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