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Transport du phosphate: 155 millions pour le rail !

Lundi 9 mars 2026, le ministre des Transports a été entendu par la Commission des finances de l’Assemblée des représentants du peuple. Au cœur des échanges, un projet de loi portant sur un troisième prêt dédié à la réhabilitation du réseau ferroviaire affecté au transport du phosphate. À l’issue de cette audition, le président de la Commission, Maher Ketari, a livré les grandes lignes de cette nouvelle enveloppe financière.

Ce financement s’inscrit dans un programme d’envergure dont le coût global avoisine les 155 millions de dollars. L’objectif est d’ achever la modernisation d’infrastructures vieillissantes, puisque aucune rénovation majeure n’a été entreprise sur ces voies depuis plus d’une décennie. Les deux premières tranches du projet ayant déjà reçu le feu vert du Parlement, ce troisième volet doit permettre de finaliser les composantes restantes.

Faut-il remplacer le train par des tuyaux ?

Au cours des échanges, plusieurs députés ont interrogé la pertinence de maintenir un mode de transport jugé obsolète face aux alternatives technologiques. Certains plaident en faveur de solutions plus modernes, comme le transport par pipelines, déjà expérimenté à l’international.

Maher Ketari a rappelé que l’option du transport ferroviaire répond à une volonté gouvernementale de préserver la Société tunisienne des chemins de fer, pour laquelle le phosphate représente 40 % des recettes. Abandonner le rail reviendrait à fragiliser davantage l’entreprise publique.

Pourtant, l’idée d’un basculement vers des infrastructures plus performantes refait surface. Dès 2023, le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie avait évalué à 1,1 milliard de dinars un projet de transport du phosphate par canalisations. Un modèle inspiré de celui du Maroc, pays leader dans le secteur, où cette technique permet de réduire les coûts et d’optimiser la rentabilité, dans un contexte de flambée des cours mondiaux.

10 milliards de dinars de bénéfices espérés

Selon Maher Ketari, cinq banques auraient déjà manifesté leur intérêt pour financer ce type de projet en partenariat avec l’État. Il a souligné l’importance d’opérer une transition progressive vers ces technologies alternatives, estimant qu’elles pourraient générer jusqu’à 10 milliards de dinars de bénéfices. Une manne financière qui, selon lui, serait de nature à combler une partie significative du déficit budgétaire de l’État.

Le débat est désormais lancé entre modernisation technologique et préservation d’un outil national stratégique, dans un secteur où chaque dinar investi pèse lourd dans la balance économique du pays.

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