Sécurité régionale : la Tunisie et l’Égypte, un front commun face aux défis ?
Le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est entretenu ce lundi après-midi au palais de Carthage avec Badr Abdel Aati, ministre égyptien des Affaires étrangères. La visite du diplomate, en déplacement à Tunis pour une réunion ministérielle du mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye, a été l’occasion d’un échange renforçant les liens historiques entre les deux nations.
Le ministre a transmis au chef de l’État tunisien un message écrit du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, accompagné de ses salutations et de son estime pour la Tunisie et son peuple.
Dans ses propos, le Président Saïed a insisté sur la profondeur des relations tuniso-égyptiennes, tout en soulignant l’impérieuse nécessité d’une coopération étroite face aux défis communs. « Compte tenu de l’accélération des événements dans la région et dans le monde, nos deux pays disposent des capacités nécessaires pour relever les risques menaçant la sécurité régionale et le monde arabe », a-t-il affirmé, jugeant les efforts unifiés « indispensables pour influencer le cours des événements ».
La position tunisienne sur la question palestinienne a été réitérée avec fermeté. Le président a rappelé le soutien constant de la Tunisie au droit du peuple palestinien à établir un État indépendant et pleinement souverain sur l’ensemble de son territoire, avec Jérusalem pour capitale.
Concernant le dossier libyen, au cœur de la réunion ministérielle régionale, Kaïs Saïed a tenu un discours fondé sur le principe de souveraineté nationale. Il a présenté la Libye comme « une question strictement nationale », dont toute solution « ne peut venir que des Libyens eux-mêmes ». Constatant que la gestion de la crise depuis 2011 n’a pas répondu aux aspirations du peuple libyen en matière de sécurité, d’unité et de stabilité, il a exprimé sa conviction que les Libyens « possèdent les capacités nécessaires pour définir eux-mêmes les solutions qu’ils jugent appropriées ».
Dans cette optique, le président tunisien a confirmé la disposition de son pays à accueillir une conférence inclusive, offrant un cadre où les différentes parties libyennes pourraient, selon ses termes, « choisir librement les solutions qui leur conviennent et construire l’avenir qu’ils souhaitent ».

