Sécurité routière en Tunisie : Des agents en civil pour verbaliser les infractions
Face à l’incivilité croissante sur les axes routiers et au sentiment d’impunité observé chez une partie des usagers, la Direction de la police de la circulation innove. Depuis une semaine, les autorités mettent en œuvre un dispositif expérimental s’appuyant sur des agents en tenue civile pour constater et immortaliser en temps réel les infractions au Code de la route.
Interviewé sur cette démarche, le directeur du Département de la police de la circulation en Tunisie, Sami Rachikou, a apporté des éclaircissements sur le fonctionnement opérationnel de ces patrouilles mixtes. Il ne s’agit pas d’unités exclusivement composées de personnes en civil, mais de brigades composées de trois à quatre fonctionnaires, dont l’un opère en tenue de ville pour observer discrètement les comportements à risque.
La principale innovation repose sur la méthode de verbalisation. L’agent en civil saisit l’infraction à l’aide d’un cliché photographique sans contraindre le véhicule à un arrêt immédiat. Cette procédure est privilégiée lorsque l’interception d’un conducteur risquerait d’aggraver la congestion du trafic ou de paralyser une voie à forte densité.
À l’image des radars automatiques fixes, la preuve visuelle sert de base légale pour dresser le procès-verbal, tout en garantissant les droits du contrevenant à contester la décision conformément au cadre réglementaire en vigueur.
Les opérations de contrôle ciblent en priorité les comportements qui perturbent le flux urbain :
- Les infractions majeures : Non-respect des feux de signalisation, stationnement en deuxième ou troisième file et circulation illégale sur les voies réservées au réseau du métro.
- Les zones sous surveillance : Des interventions ont été menées dans des secteurs clés tels 63u’El Omrane supérieur, la rue d’Espagne, la rue d’Angleterre, ainsi qu’aux intersections du métro dans le gouvernorat de l’Ariana.
- Diversité des véhicules verbalisés : Le dispositif s’applique indistinctement aux voitures particulières, aux taxis individuels et collectifs, aux deux-roues et aux véhicules appartenant à des organismes publics.
Les abords des structures scolaires font également l’objet d’une vigilance accrue aux heures de pointe pour mettre fin aux arrêts anarchiques de parents déposant leurs enfants. Parallèlement à ces contrôles, les services de police collaborent avec les autorités du transport pour étudier des aménagements physiques empêchant l’intrusion des véhicules sur les voies de métro. À terme, ce réseau d’inspection en civil pourrait être renforcé par le déploiement de technologies de surveillance automatisée par caméras.

