Pétrole : le Brent chute de près de 20 % en mai 2026, plus forte baisse mensuelle depuis le choc Covid
L’éventualité d’une cessation prochaine des hostilités au Moyen-Orient a provoqué, en mai 2026, un recul d’environ 20 % des cours mondiaux du brut. Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle enregistrée depuis le choc lié à la pandémie de Covid-19 au printemps 2020.
Évolution des prix du Brent et du WTI
À la clôture du 30 mai, le baril de Brent pour livraison en juillet 2026 s’échangeait à 92,05 dollars, accusant une chute de près de 20 % sur l’ensemble du mois – un repli sans précédent depuis mars 2020, lorsque la crise sanitaire avait bouleversé la demande mondiale. Dans le même temps, le WTI américain, pour la même échéance, terminé la semaine à 87,36 dollars le baril, avec une diminution d’environ 17 % en mai, marquant également son plus fort déclin mensuel depuis début 2020 et mettant fin à quatre mois consécutifs de hausse.
Volatilité autour des signaux de conflit et de paix
La dernière semaine du mois a été marquée par de violentes fluctuations, alimentées par des informations contradictoires sur une possible fin du conflit et la réouverture du détroit d’Ormuz. Le 25 mai, le Brent a plongé de 7 % à son plus bas niveau depuis le 20 avril, les marchés anticipant un accord quasi finalisé entre les États-Unis et l’Iran. Le lendemain, les cours ont bondi de près de 4 % après des frappes aériennes américaines sur le sol iranien, douchant les espoirs naissants d’une paix négociée. Puis, le 27 mai, les prix ont de nouveau chuté de plus de 5 % pour toucher un creux inédit en plus d’un mois, dans l’attente de nouvelles concernant un éventuel accord de paix.
Anticipations d’un cessez-le-feu et reprise du trafic pétrolier
Les opérateurs parient sur un cessez-le-feu imminent, susceptible d’atténuer les perturbations d’approvisionnement dans la région du Golfe, avec une reprise du transit pétrolier par le détroit d’Ormuz. Selon certaines informations, les négociateurs américains et iraniens auraient conclu un accord préliminaire pour mettre fin au conflit, bien qu’aucune confirmation ou ratification officielle n’ait été apportée, ni par le président Donald Trump ni par les autorités iraniennes.
Réserves et perspectives d’un retour à la normale
Malgré ces baisses mensuelles record, les prix du brut WTI et Brent restent supérieurs d’environ 60 dollars le baril à leurs niveaux d’avant le déclenchement des hostilités. Ce constat nourrit les doutes sur la capacité d’un simple cessez-le-feu à normaliser pleinement le trafic dans le détroit d’Ormuz. Stephen Innes, associé gérant du cabinet de conseil financier SPI Asset Management, estime que le Brent pourrait se stabiliser autour de 90 dollars le baril, mais que les approvisionnements pétroliers ne devraient pas revenir à la normale dans un proche avenir.

