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Mutation industrielle : Modernisation, financement et décarbonation au cœur des « Tunisia Industry Talks »

Face aux recompositions de la géographie industrielle mondiale et à la réorganisation accélérée des chaînes de valeur, la simple proximité géographique de la Tunisie avec le continent européen ne suffit plus à préserver sa compétitivité. C’est le constat dressé ce mercredi à Tunis par le ministre chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari, lors de l’ouverture de la première édition des « Tunisia Industry Talks », un événement conjointement organisé par la CONECT et la Fondation Konrad-Adenauer (KAS). Pour réussir sa transformation, le secteur industriel national doit désormais effectuer un saut qualitatif fondamental, en basculant de la sous-traitance vers la conception, et de l’exécution vers l’ingénierie et l’innovation.

Afin de concrétiser cette orientation stratégique, trois axes majeurs ont été identifiés par le responsable gouvernemental. Le premier volet repose sur la modernisation des systèmes de production via l’essor de l’Industrie 4.0, visant l’intégration de la numérisation et de l’automatisation au sein des PME, tout en renforçant les synergies entre l’université et le monde de l’entreprise. Le second axe s’attaque aux contraintes financières qui entravent le développement du tissu productif. Les autorités entendent mobiliser le secteur bancaire et les institutions financières pour optimiser l’accès aux mécanismes d’appui existants, tels que le programme de mise à niveau et la restructuration financière des PME. Enfin, le troisième pilier porte sur la décarbonation et la transition énergétique, devenues des conditions indispensables pour garantir l’accès des exportations tunisiennes aux marchés internationaux.

De son côté, l’expert international et ancien ministre des Finances, Nizar Yaïche, a présenté une feuille de route structurée autour de cinq propositions concrètes visant à transformer le modèle de sous-traitance en un véritable partenariat de coproduction avec l’Europe. Parmi ces axes figurent le déploiement d’un corridor d’électricité verte Tunisie-Europe de grande envergure au Sahara, l’attribution du statut de « produits associés » assimilant les marchandises tunisiennes conformes aux normes écologiques à un équivalent « Made in Europe », ainsi que la mise en place d’un cadre d’investissement « Europe Tunisia Africa Investment Act ». L’expert a également préconisé la création d’une plateforme d’innovation mutualisée adossée aux programmes européens et la structuration d’une unité d’exécution (« Delivery Unit ») pour assurer un suivi rigoureux des appuis destinés aux industriels.

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