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Foxtron Cavira : le géant des iPhone lance un SUV électrique à l’assaut du Tesla Model Y à Taïwan

Le constructeur taïwanais Foxtron, coentreprise fondée en 2020 par Foxconn et Yulon Motors, a officiellement dévoilé le Cavira, un SUV électrique conçu pour rivaliser directement avec le Tesla Model Y sur son marché domestique. Mesurant 4,70 mètres de long et affichant un empattement de 2 920 mm  soit 2,8 cm de plus que son rival californien  ce véhicule cinq places propose un coffre de 625 litres, extensible à 1 603 litres une fois la banquette rabattue.

Le Cavira repose sur une batterie LFP de 82,7 kWh, rechargeable en courant continu jusqu’à 175 kW, permettant un passage de 10 à 80 % en moins d’une demi-heure, d’après Foxtron. Deux versions sont au catalogue : la « Emerge Long-Range Edition » (un moteur arrière de 249 ch, autonomie WLTC de 578 km) et la « Pioneer Long-Range Performance Edition » (deux moteurs, 468 ch, 0 à 100 km/h en 3,8 secondes). Les prix débutent à 33 820 euros pour le modèle d’entrée de gamme, contre 37 900 euros pour la version haute. À Taïwan, le Model Y  assemblé en Allemagne, les véhicules d’origine chinoise étant exclus est commercialisé aux alentours de 35 000 euros.

Une stratégie de plateforme ouverte MIH, déclinée sous plusieurs marques 

Le Cavira est en réalité un dérivé du modèle C, une conception destinée à être rebadgée par différents constructeurs. Yulon le vend déjà depuis 2023 sous le nom de Luxgen n7, avec 7 124 unités écoulées en 2024 se classant derrière le seul Tesla Model Y sur le marché taïwanais. À l’international, Mitsubishi adoptera également cette plateforme : une version rebadgée du Bria (autre dérivé du modèle C) sera commercialisée en Australie et en Nouvelle-Zélande à partir de septembre ou octobre 2026.

Jun Seki, directeur de la stratégie véhicules électriques chez Foxconn, a confirmé en avril 2025 à Automotive News qu’un client américain prévoyait de lancer ce même modèle C sous sa propre marque, sans en révéler l’identité pour des raisons contractuelles.

Cap sur l’Europe : une usine polonaise pour assembler dès 2029

Foxconn accélère également son implantation en Europe. Le 7 mai dernier, le groupe a signé un partenariat stratégique avec EMP, une société d’État polonaise créée par plusieurs énergéticiens publics, afin de construire un hub industriel et de R&D à Jaworzno (sud de la Pologne). Le site comprendra un atelier de carrosserie, une cabine de peinture, une ligne d’assemblage de batteries, une chaîne de traction électrique et un centre de recherche. Selon Jun Seki, cette infrastructure permettra de « servir efficacement le marché européen » grâce aux plateformes ouvertes et au savoir-faire industriel de Foxconn.

EMP a obtenu un prêt de 4,5 milliards de zlotys (environ 1,04 milliard d’euros) du fonds national polonais NFOŚiGW, dans le cadre du Plan national de reconstruction. La société avait développé la marque Izera à partir de 2020, avec une production initialement prévue à Jaworzno dès 2023, avant d’abandonner le projet fin 2024. Le PDG d’EMP, Cyprian Gronkiewicz, annonce désormais une première voiture sortant de la future ligne en 2029. Les accords contraignants entre EMP et Foxconn ne sont pas encore signés mais devraient l’être au second semestre de cette année, selon les deux parties.

Recul aux États-Unis : l’usine de Lordstown cédée

Les droits de douane instaurés par l’administration Trump ont perturbé les projets américains de Foxconn. En août 2025, le groupe a revendu son usine de Lordstown, dans l’Ohio, à la société Crescent Dune LLC pour 375 millions de dollars (environ 345 millions d’euros), sans pour autant avoir officiellement annulé l’ensemble de ses ambitions sur le marché américain.

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