Face aux crises, la FAO prône une révolution technologique arabo-africaine pour la sécurité alimentaire
Face aux crises qui s’enchaînent conflits, stress hydrique, flambée des prix , le représentant de la FAO pour l’Afrique du Nord appelle à un sursaut collectif. Lors d’une conférence tenue en Tunisie, il a insisté sur la nécessité d’un bond technologique et d’une complémentarité régionale pour sauver les systèmes alimentaires.
C’est une urgence à la fois climatique et économique que Nabil Assaf, responsable de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture en Tunisie (FAO Tunisie), a mise en avant en marge de la Conférence arabo-africaine sur les systèmes alimentaires et les industries manufacturières. Cet événement, coorganisé par l’Union arabe des industries alimentaires et le gouvernement tunisien – via le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche –, a réuni plusieurs institutions onusiennes et régionales dédiées au développement. Selon M. Assaf, il est impératif de se consacrer sans délai à la sécurité alimentaire à l’échelle africaine.
L’alerte est au maximum sur le front alimentaire mondial. Le coordinateur de la FAO pour l’Afrique du Nord a livré un constat sans compromis : nourrir la planète est devenu un défi colossal. Avec la hausse des prix et la détérioration du pouvoir d’achat, des millions de personnes n’ont plus facilement accès à une nourriture saine. Pour inverser la tendance, l’ONU prône une réponse collective et interconnectée, fondée sur une solidarité accrue entre les pays arabes et africains.
Des obstacles structurels à lever
Guerres, conflits armés, ruptures des chaînes d’approvisionnement, sécheresses récurrentes et pénurie d’eau : les systèmes agricoles subissent une crise multisectorielle majeure qui pèse directement sur la production. Selon le représentant de la FAO, le retard technologique dans la production et la transformation constitue l’un des principaux freins. D’où l’urgence d’une modernisation immédiate. « Accélérer la transition numérique et technique est désormais le seul moyen de doper la productivité tout en protégeant efficacement les cultures des aléas climatiques », a déclaré M. Assaf.
Pour construire des systèmes alimentaires résilients, Nabil Assaf propose une feuille de route articulée autour de leviers humains et financiers essentiels. « Il s’agit d’abord de séduire la jeunesse en transformant la terre en un secteur moderne, rentable et innovant capable d’attirer les jeunes talents. Parallèlement, il est crucial d’assainir le climat des affaires pour rassurer les banques, les investisseurs et les bailleurs de fonds internationaux afin de sécuriser les financements. Enfin, l’autonomisation des femmes doit être une priorité absolue en leur facilitant l’accès aux crédits et en les intégrant pleinement à tous les maillons de la chaîne de valeur, de la récolte jusqu’au stockage », a-t-il souligné.
Le pari de la complémentarité régionale
La solution durable repose sur la complémentarité et la solidarité géopolitique régionale. En associant les terres fertiles des uns, les capitaux des autres et les compétences humaines disponibles, l’espace arabo-africain dispose de tous les atouts pour nouer des partenariats stratégiques d’envergure. L’objectif ultime de cette synergie s’aligne parfaitement avec les objectifs de développement de l’ONU : garantir une meilleure production, une nutrition optimisée, un environnement préservé et une vie digne pour tous, avec la ferme volonté de ne laisser personne de côté.

