Economie

Conflit au Moyen-Orient : la BERD abaisse ses prévisions de croissance pour les pays émergents

Les dernières données de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), dévoilées mercredi le 3 juin, assombrissent l’horizon des économies émergentes. Selon l’institution, leur PIB moyen n’atteindrait que +3,1 % en 2026, contre +3,4 % attendus pour 2025. Cette estimation, en baisse de 0,5 point par rapport à celle de février dernier, intègre désormais les retombées du conflit qui oppose les États-Unis, Israël et l’Iran, élargissant les tensions au Proche-Orient.

Bien que freinée, la progression des pays couverts par la BERD reste supérieure à celle des nations développées. L’économiste en chef de la banque, Beata Javorcik, souligne que ce choc géopolitique — entré dans son troisième mois — aggrave des fragilités préexistantes : secteur manufacturier atone et déséquilibres budgétaires chroniques dans plusieurs régions d’intervention.

Les premières conséquences macroéconomiques se lisent sur les marchés de l’énergie. La flambée des prix du pétrole et du gaz met fin à la phase de désinflation observée fin 2025, laquelle reposait sur des taux d’intérêt réels positifs et un ralentissement de la hausse des salaires nominaux. Résultat : l’inflation moyenne a grimpé de 1,2 point en deux mois (février-avril 2026), pour s’établir à 6,4 %.

À cela s’ajoute la pression sur les devises locales, qui se déprécient face au dollar américain, alourdissant encore la facture financière pour ces pays. Enfin, la compétitivité des économies émergentes demeure entravée par deux facteurs structurels : le blocage persistant du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et l’écart croissant entre les coûts de l’énergie en Europe et aux États-Unis.

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