Décès prématurés en Tunisie : 4 maladies non transmissibles causent plus de 80 % des morts
À l’occasion du 9ᵉ congrès national de la Société tunisienne de médecine générale et de médecine de famille (STMGF) à Mahdia, les professionnels de santé ont tiré la sonnette d’alarme : l’hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires et respiratoires représentent une menace majeure de santé publique et un fardeau économique lourd pour le pays.
Les maladies non transmissibles (MNT) continuent de faire de ravages en Tunisie. Intervenant lors du 9ᵉ congrès national de la STMGF, organisé à Mahdia sous le thème « Les maladies non transmissibles : innover pour mieux prévenir », le président de l’événement, Dr Rached Hamzaoui, a révélé des chiffres particulièrement inquiétants.
Selon le spécialiste, quatre grandes pathologies non transmissibles sont responsables de plus de 80 % des décès prématurés enregistrés dans le pays, et représentent à elles seules 86 % de la mortalité globale.
Dans une déclaration accordée à l’agence TAP, Dr Hamzaoui a précisé que ce quadruplet pathologique regroupe :
- L’hypertension artérielle
- Le diabète de type 2
- Les maladies cardiovasculaires
- Les maladies respiratoires chroniques
Au-delà de la tragédie humaine, ces affections constituent un fardeau économique et social étouffant pour les familles comme pour la collectivité. Face à ce constat, le président du congrès a insisté sur le fait que la prévention primaire et le diagnostic précoce demeurent l’arme la plus efficace pour sauver des vies tout en soulageant les finances de la santé publique.
Dr Rached Hamzaoui a particulièrement mis en lumière le rôle pivot du médecin généraliste. Intervenant en première ligne, le médecin de famille est le mieux placé pour détecter les premiers signaux d’alerte, orienter les patients et les sensibiliser aux dangers du laisser-aller.
« Les MNT sont fréquemment précédées de signes précurseurs décelables par de simples bilans biologiques, permettant d’identifier les facteurs de risque et d’agir avant l’apparition de complications irréversibles », a-t-il rappelé.
Dans cette optique de prévention ciblée, la STMGF a annoncé le lancement de la deuxième phase d’une étude nationale d’envergure consacrée au dépistage des différents stades du prédiabète, afin d’élaborer une stratégie d’intervention précoce à l’échelle nationale.
Le congrès de Mahdia a également été le théâtre d’avancées technologiques prometteuses, marquées par la présentation d’un projet pilote de cabinet médical numérique.
Présenté par le Dr Mohamed Haythem Haj Salah, trésorier de la STMGF, ce dispositif propose un espace connecté doté d’outils d’auto-mesure (tension artérielle, glycémie, rythme cardiaque, poids, etc.). Les données récoltées sont instantanément transmises de manière sécurisée vers une plateforme interactive. Le patient peut alors télécharger son bilan et le partager directement avec son médecin traitant.
Ce système offre de multiples bénéfices stratégiques :
- Prise de rendez-vous télévisuelle et spécialisée : Réduction des délais d’attente et limitation des déplacements pour les citoyens résidant dans les zones reculées ou déserts médicaux.
- Désengorgement des structures publiques : Diminution de la pression sur les urgences et les consultations externes des hôpitaux.
- Gestion des épidémies et suivi chronique : Accélération de la prise en charge médicale des patients vulnérables et réponse rapide face aux poussées épidémiques.
Outre son impact sur le système de santé national, Dr Haj Salah a souligné que cette plateforme numérique pourrait constituer un catalyseur pour le tourisme médical en Tunisie.
Grâce à cette technologie, les patients étrangers ou les membres de la diaspora pourront planifier leurs consultations, prendre rendez-vous avec des spécialistes et transmettre l’intégralité de leurs dossiers médicaux et analyses avant même leur arrivée sur le sol tunisien.

