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Energie: SpaceX construit sa propre centrale gaz pour alimenter sa mégafactory de puces

C’est un projet colossal qui soulève une question énergétique tout aussi démesurée. À une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Houston, au Texas, SpaceX a lancé la construction de Terafab, une méga-usine de semi-conducteurs destinée à produire les puces qui équiperont aussi bien les robots Optimus de Tesla que les futurs data centers orbitaux de l’entreprise spatiale. Mais pour faire tourner ce mastodonte industriel de 929 hectares (9,29 millions de mètres carrés), un choix énergétique assume s’impose : le gaz naturel, appuyé par d’imposants systèmes de batteries. Un positionnement qui, venant d’un groupe étroitement lié à Tesla, pionnier du véhicule électrique et du stockage solaire, ne manque pas de surprendre

Un investissement à 16,8 milliards et 1 800 emplois en ligne de mire

Le projet Terafab est d’une ampleur rare. Son coût initial est évalué à 16,8 milliards de dollars, et il prévoit la création de 1 800 emplois d’ici à 2035. L’usine, entièrement intégrée, entend répondre à terme à une demande de calcul qui dépasserait le térawatt, un seuil bien au-delà des capacités mondiales actuelles. Les puces qui y seront produites doivent alimenter les Cybercab de Tesla, les robots Optimus, mais aussi les infrastructures spatiales de SpaceX.

Mais un tel outil de production nécessite une alimentation électrique à la hauteur de ses ambitions. Interrogé par Bloomberg, Riley Trettel, responsable de l’énergie et des data centers chez SpaceX, a confirmé que l’énergie proviendrait du gaz naturel, complétée par de « très grandes » batteries de stockage. Aucune mention, en revanche, de recours massif aux énergies renouvelables.

Elon Musk et le gaz : une tendance lourde

Ce choix s’inscrit dans un schéma qui se répète pour Elon Musk. À Memphis, les data centers géants de xAI, baptisés Colossus, fonctionnent déjà quasi exclusivement au gaz naturel via des dizaines de turbines. Le milliardaire a par ailleurs racheté, à titre personnel et en toute discrétion, une société spécialisée dans les turbines mobiles au gaz et au diesel. Plus récemment, SpaceX a indiqué vouloir acquérir pour 2,8 milliards de dollars de turbines à gaz supplémentaires d’ici trois ans.

Ce virage énergétique interpelle d’autant plus que Tesla, entreprise sœur et partenaire clé du projet, s’est imposée comme le fer de lance de la transition électrique et solaire. Mais les priorités semblent avoir évolué : aujourd’hui, l’intelligence artificielle et la robotique priment sur les engagements climatiques de la première heure.

Des zones d’ombre environnementales

Le gaz naturel n’est pourtant pas un choix neutre, ni sur le plan climatique, ni sur le plan sanitaire. À Memphis, les turbines de xAI ont fonctionné pendant plusieurs mois sans les autorisations requises, avant de faire l’objet d’une plainte pour violation du Clean Air Act, la loi fédérale sur la qualité de l’air. Les riverains ont dénoncé une détérioration marquée de la qualité de l’air, dans une région déjà exposée à des pics de pollution, avec des risques accrus d’asthme et de maladies cardiovasculaires.

À Houston, le schéma semble identique, mais la machine est déjà en marche. SpaceX, Tesla et xAI avancent sur un même front énergétique, où le gaz naturel s’impose comme le carburant de facto de l’industrie de la donnée et des semi-conducteurs. Un choix qui, pour un empire bâti sur la promesse d’un avenir plus propre, résonne désormais comme un paradoxe industriel assumé.

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